Par Jean-Pierre Sauvage (CHU de Limoges)
Article commenté :
Purely vertical upbeat nystagmus in bilateral posterior canal benign paroxysmal positionnal vertigo: a case report
Beyea JA, Parnes LS.
Laryngoscope 2010 120:208-209
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En Médecine, on peut tout voir. Habituellement, la présence d’un nystagmus vertical, surtout s’il est spontané, fait toujours craindre une pathologie vestibulaire centrale : pontique en cas de nystagmus vertical supérieur et du flocculus ou du paraflocculus en cas de nystagmus vertical inférieur1.
Il est rapporté ici le cas d’un sujet de 78 ans qui avait présenté plusieurs crises de vertige : l’une survenant alors qu’il était passager dans une voiture, une autre alors qu’il était immobile en position assise et enfin quelques autres mais moins violentes alors qu’il était en position allongée.
Les manœuvres de Dix et Hallpike étaient en faveur d’un Vertige Positionnel Paroxystique Bénin du canal postérieur bilatéral. C’est-à-dire déclenchant un nystagmus de chaque côté possédant une composante verticale supérieure et une composante torsionelle de type antihoraire pour le côté droit et de type horaire pour le côté gauche.
Ces nystagmus avaient bien les caractéristiques d’un VPPB puisque survenant après un temps de latence de 1 à 5 secondes et ne durant pas plus de 30 secondes. La surprise a été qu’en allongeant le patient, en décubitus dorsal, tête droite et pendante, ils ont obtenu un violent nystagmus vertical supérieur pur après un court temps de latence et durant moins de 30 secondes. Le patient étant claustrophobe, ils n’ont pas pu réaliser d’IRM, mais le scanner avec injection ne montra aucune anomalie centrale.
La conclusion fut que ce nystagmus vertical supérieur pur en décubitus dorsal était en rapport avec la mobilisation des canalolithiases dans chaque canal postérieur, les composantes verticales supérieures s’additionnant tandis que les composantes torsionelles s’annulaient. L’interrogatoire retrouva la notion de trauma crânien 8 ans auparavant. Bien que l’intervalle libre était long, les auteurs conclurent à la responsabilité du trauma crânien en s’appuyant sur l’étude de Kartsarkas qui avait montré que ces VPPB bilatéraux survenaient principalement dans les suites de traumatisme crânien2.
Les chances d’avoir un VPPB bilatéral sont déjà très faibles. Mais les auteurs voudraient en plus incriminer un VPPB du canal antérieur bilatéral en cas de nystagmus vertical inférieur. Vu la rareté de ces derniers (1% des VPPB), cette coïncidence (0,01% des VPPB) rejoint la probabilité de toucher le gros lot de la Loterie Nationale.
Références :
1) Pierrot-Deseilligny C, Milea D. Vertical nystagmus: clinical facts and hypotheses. Brain 2005;128:1237-1246
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2 – Katsarkas A. Benign paroxysmal positional vertigo (BPPV): idiopathic versus post-traumatic. Acta Otolaryngol 1999;119:745-9
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