Par Laurent Vercueil (CHU de Grenoble)
Article commenté :
Transient ischemic attacks and inhibitory seizures in elderly patients.
De Reuck J, Van Maele G.
Eur Neurol 2009 ;62 :344-348
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Le message : Le sexe féminin, le caractère récidivant, la présence d’une aphasie ou d’une dysarthrie, les anomalies EEG sont des éléments pouvant orienter vers une origine épileptique devant un déficit neurologique transitoire évocateur d’un AIT (« crise inhibitrice »).
L’étude : Etude comparative au sein d’une population recrutée de manière consécutive dans une unité neurovasculaire.
La nuance : Les critères utilisés pour sélectionner les deux sous-populations « crise » vs « AIT » constituent naturellement un biais de recrutement limitant la portée de l’analyse comparative (circularité).
Le détail : La difficulté de distinguer des crises de sémiologie inhibitrice (c’est-à-dire ne s’accompagnant que de manifestations négatives : aphasie, difficulté d’utilisation d’un membre, etc…) d’accidents ischémiques transitoires n’a pas été levée par la nouvelle définition internationale des AIT [1] : un bref épisode neurologique causé par une ischémie cérébrale focale ou rétinienne, dont les symptômes cliniques durent moins d’une heure, le plus souvent quelques minutes, en l’absence d’évidences d’un infarctus aigu sur l’imagerie.
Au sein des admissions de l’unité de neurovasculaire de Ghent, en Belgique, les auteurs ont sélectionné 25 patients ayant présenté des crises inhibitrices et les ont comparés à 252 patients avec des AIT. Le critère de sélection des patients épileptiques était essentiellement basé sur les données de l’EEG, tandis que près de la moitié des patients diagnostiqués avec un AIT avaient eu également un EEG dans les premières 24 heures.
Une tendance à trouver plus de femmes parmi les patients présentant des crises inhibitrices était mise en évidence. Des lésions ischémiques étaient plus fréquemment retrouvées sur l’imagerie des patients présentant des crises inhibitrices, par rapport à ceux présentant des AIT. Le taux de récidive différait nettement, les patients ayant présenté des crises récidivaient dans 68% des cas, alors que la récidive concernait moins de 10% des AIT. 90% des patients avec un AIT avaient un EEG normal, alors que la plupart des cas épileptiques présentaient des anomalies, soit un ralentissement en foyer, soit une activité rythmique.
Le mode de présentation clinique le plus fréquent des crises inhibitrices était l’aphasie, avec parfois un certain degré de confusion. Parmi les crises inhibitrices, l’aphasie critique, parfois sous la forme de status [2], est la présentation la plus fréquente. Distinguer l’aphasie d’origine épileptique du trouble du langage d’origine ischémique est probablement une difficulté majeure des unités neurovasculaires.
Références :
1. Albers, G.W., et al., Transient ischemic attack - proposal for a new definition. N Engl J Med, 2002. 347: p. 1713-1716.
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2. Thomas, P., B. Kullmann, M. Chatel, Status epilepticus with aphasic manifestation. Rev Neurol, 1991. 147: p. 246-250.
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Les crises inhibitrices et les accidents ischémiques transitoires : comment les différencier ?
Date de publication : 25-02-2010






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