Par Jean-Pierre Sauvage (CHU de Limoges)
Article commenté :
Blast exposure: vestibular consequences and associated characteristics.
Hoffer ME, Balaban C, Gottshall K et al.
Otol Neurotol 2010;31:232-236
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Au-delà des morts et des blessés exhibés dans les journaux télévisés, les victimes de « blast » sont les plus nombreuses : 80% de toutes les blessures survenues au cours des conflits d’Irak et d’Afghanistan.
Le « blast » pourrait être défini comme l’exposition aux « effets de souffle » avant même que l’oreille n’entende le bruit de l’explosion. Les auteurs ont étudié les symptômes vestibulaires et de voisinage chez 3 groupes de militaires américains ayant été victimes d’une onde de souffle sans traumatisme crânien ni blessure pénétrante.
Le premier groupe (aigu) était constitué de 81 militaires ayant été pris en charge dans les 72 premières heures. Le second (subaigu), 25 militaires pris en charge entre le 4e et le 30e jour. Le troisième (chronique), 42 militaires pris en charge entre le 30e et le 360e jour.
Presque tous les sujets du groupe aigu se plaignaient de pseudoébriété, 33% de surdité, 72% de maux de tête mais ni de vertiges ni de stress post-traumatique. Dans le groupe subaigu, outre 76% qui se plaignaient de pseudoébriété, 47% se plaignaient de vertiges, 43%de surdité, 76% de maux de tête et 20% de stress post-traumatique. Enfin, dans le groupe chronique, la plupart des pourcentages montent : 84% de pseudoébriété, 36% de vertiges, 82% de maux de tête et 44% de stress post-traumatique.
Les vertiges étaient de type positionnel ressemblant à celui du classique VPPB. La pseudoébriété était constituée par une sensation d’instabilité aggravée par les scènes visuelles mouvantes ou la marche sur des sols irréguliers. Les céphalées étaient de type migraineux avec auras visuelles et aggravation par les stimulis visuels et auditifs. Des explorations vestibulaires très complètes ont été réalisées avec posturographie dynamique qui a montré un pourcentage d’anomalies s’élevant progressivement avec le temps.
Comparés aux vertiges des traumatismes crâniens mineurs, après un « blast », apparaît un syndrome évolutif complexe dominé par les céphalées, les vertiges, les troubles de l’équilibre et l’anxiété qui reflètent un traumatisme cérébral global, prenant des notes migraineuses, augmentant avec le temps et très dépendant des susceptibilités individuelles.
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Les vertiges : la plus forte morbidité du terrorisme et des opérations militaires
Date de publication : 05-03-2010






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