Par Sophie Hamelin (CHU de Grenoble)
Article commenté :
Bilateral reorganization of the dentate gyrus in hippocampal sclerosis. A postmortem study
Thom M, Martinian L, Catarino C et al.
Neurology. 2009 ;73(13):1033-40.
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La sclérose hippocampique peut être définie par la présence d’une perte cellulaire au sein des cellules pyramidales de la corne d’Ammon associée à une gliose. Cet aspect est le plus souvent associé à d’autres remaniements, tel le bourgeonnement des fibres moussues, projection glutamatergiques des cellules granulaires du gyrus denté et modifications des fibres de projection du neuropeptide Y. Cette étude propose une analyse anatomopathologique post mortem des deux hippocampes de patients épileptiques.
Le message : Le bourgeonnement des fibres moussues ainsi que les modifications structurales des fibres du neuropeptide Y sont plus fréquents en cas de sclérose hippocampique bilatérale, symétrique ou non, mais peuvent parfois être observés de manière bilatérale alors que la sclérose hippocampique est unilatérale ou inexistante.
L’étude : Il s’agit d’une étude rétrospective, incluant 25 cas post mortem décédés entre 1992 et 2004 à Londres. L’étude reprend l’histoire clinique, le diagnostic syndromique et l’analyse anapath de ces patients épileptiques, dont la majorité était institutionnalisée.
En plus des marquages classiques définissant la sclérose hippocampique, ils reprennent l’étude anapath avec un marquage du neuropeptide Y et de dynorphine (bourgeonnement).
La nuance : Dans cette étude, l’hétérogénéité de la population, avec des âges de décès allant de 21 à 96 ans ; pour certains des périodes de rémissions de plus de 30 ans, alors que pour d’autres, l’épilepsie est restée active 90 ans, ce qui peut également rendre difficile l’interprétation, dans une population limitée en nombre. De plus, les patients n’ont pour la plupart pas de diagnostic syndromique clair. Il faut noter que 10/25 patients ont un diagnostic syndromique non défini.
Il manque également les données concernant l’antécédent ou non de crises fébriles, d’état de mal, mais également la présence associée d’une dysplasie ou autre malformation pouvant entrer dans le cadre de la « dual pathology ». On peut également supposer que le fait que les patients soient pour la plupart institutionnalisés ait pu être influencé par le caractère bilatéral des lésions hippocampiques, augmentant ainsi le risque de déficit cognitif.
Le détail : 25 cas ont étés retenus dans les données des archives de Londres, tous ayant eu une épilepsie pharmacorésistante (mais pas exclusivement temporale). L’étude a été faite également chez trois témoins. Les auteurs constatent que la réorganisation des fibres issues du gyrus denté est plus marquée chez les sujets ayant une sclérose hippocampique bilatérale, symétrique ou non. Parmi ceux-ci, le diagnostic clinique n’était pas toujours celui d’épilepsie temporale.
Le bourgeonnement était présent chez 60%, les modifications de l’organisation du neuropeptide Y chez 40% des patients ayant présenté une épilepsie temporale. Celle-ci était également présente après plus de 30 ans sans crise, mais également après 90 ans d’épilepsie active.
Chez les patients ayant une histoire typique de syndrome mésiotemporal (2), les critères de sclérose hippocampique étaient toujours associés au remaniement synaptique, mais ce paterne pouvait être observé dans d’autres descriptions cliniques. Parmi les témoins, aucun ne présente de critère de sclérose hippocampique ni remaniement synaptique.






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