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VPPB : faut-il prendre des précautions après la manœuvre ?
Par Jean-Pierre Sauvage (CHU de Limoges)
Article commenté :
Postmaneuver restrictions in benign paroxysmal positional vertigo: an individual patient data meta-analysis.
Devaiah AK, Andreoli S.
Otolaryngol Head Neck Surg 2010;142:155-9
Retrouvez l’abstract en ligne

L’objectif de cette méta-analyse était de savoir si la prescription de précautions (restrictions) après les manœuvres thérapeutiques effectuées pour VPPB augmentait l’efficacité dans les suites immédiates.
Les auteurs ont réalisé cette méta-analyse à partir de 6 études regroupant 523 patients ayant été traités pour vertige positionnel paroxystique bénin unilatéral du canal postérieur objectivé par une manœuvre de Dix et Hallpike positive. Ces 6 études ont été choisies parmi 158 études en langue anglaise traitant de la question.

Les critères de choix étaient les suivants : pas de forme multicanalaire ; la manœuvre thérapeutique utilisée devait être soit une manœuvre de Sémont, soit une manœuvre d’Epley ; l’efficacité devait être objectivée par une manœuvre de Dix et Hallpike négative ; l’étude devait comporter 2 groupes : un groupe à qui on prescrivait des « restrictions » pendant quelques jours après la manœuvre thérapeutique et l’autre pas.
Les restrictions prescrites étaient « ne pas lever la tête » dans toutes les études. Etaient associés « d’éviter » les rotations de la tête (5 études) et le coucher sur le côté atteint (4 études). Ou encore, l’obligation de porter une minerve souple (2 études). Les durées de ces restrictions variaient de 1 à 7 jours.

Résultat
L’âge variait de 22 à 88 ans avec une moyenne de 54,5 ans. On a trouvé 2 femmes pour un homme. Le suivi moyen a été de 3 à 7 jours avec une moyenne de 5,5 jours. Toutes les études ont utilisé au moins 2 types de restriction avec une moyenne de 2,8. L’efficacité globale a été de 88,5% pour le groupe « avec restrictions » et de 83,6% pour le groupe « sans restrictions ».
Le résultat n’est pas significativement influencé, qu’il y ait eu ou non prescription de restrictions tout type confondu. L’étude ne trouve pas non plus de différence significative entre les différents types de restriction. Le port d’une minerve élève le pourcentage d’efficacité à 90,7% mais ce n’est pas non plus significatif.

Conclusion
Pour les auteurs, cette absence de différence tient au fait qu’en pratique, pour les patients, ces restrictions sont inapplicables, sauf peut-être la minerve.
Date de publication : 05-03-2010
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