Par Sophie Roux (Rhumatologie, CHU Sherbrooke, Canada)
Article commenté :
Effects of Denosumab on Bone Mineral Density and Bone Turnover in Postmenopausal Women Transitioning from Alendronate Therapy.
Kendler DL at al.
J Bone Miner Res 2010, 25(1):72-81.
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Les bisphosphonates représentent le traitement anti-ostéoporotique de référence. Certains patients arrêtent ce traitement pour inefficacité, intolérance ou autres raisons, et/ou peuvent nécessiter un changement de classe thérapeutique. Il est donc important d’évaluer l’effet des nouvelles molécules anti-ostéoporotiques, qui seront le plus souvent administrées chez des sujets ayant déjà reçu d’autres agents anti-ostéoporotiques, dont les bisphosphonates.
Parmi les nouveaux agents anti-ostéoporotiques, le Denosumab (Dmab), un anticorps monoclonal anti-RANKL complètement humain, est en cours de développement. Le Dmab et les bisphosphonates sont des traitements anti-résorptifs, mais dont les mécanismes d’action diffèrent. Le Dmab inhibe RANKL, le facteur essentiel impliqué dans la formation et l’activation des ostéoclastes, et donc la résorption osseuse. Des études de phase III dans l’ostéoporose post-ménopausique, ont montré l’efficacité de cet agent anti-résorptif pour augmenter la DMO, et réduire l’incidence fracturaire (étude FREEDOM).
L’étude STAND (Study of Transitioning from Alendronate to Denosumab) a été réalisée afin d’évaluer les effets du traitement par Dmab après un traitement par Alendronate (ALN).
Étude STAND :
Il s’agit d’une étude multicentrique, internationale, double-aveugle, randomisée, contrôlée, dans laquelle ont été incluses 504 femmes ménopausées (≥ 55 ans, 67.6 ans en moyenne) ayant un T-score < -2 au rachis ou à la hanche totale, et ayant été antérieurement traitées par ALN pour 6 mois au moins (36 mois en moyenne). Tous les sujets ont reçu 1 mois de traitement par ALN 70 mg/semaine, puis ont été randomisés pour recevoir soit Dmab s.c. 60 mg tous les 6 mois, soit ALN 70 mg par semaine pour 1 an. Les variations de la DMO et des marqueurs du remodelage (CTx, P1NP) ont été évaluées à 12 mois.
Résultats :
À 12 mois, chez les femmes qui recevaient le Dmab comparativement à celles qui avaient poursuivi l’ALN, la DMO était significativement plus élevée à la hanche totale (+1.9% Dmab vs 1% ALN, p<0.0001), au rachis (3% Dmab vs 1.85% ALN, p<0.0001), au col fémoral, et au 1/3 distal du radius (p<0.012).
La médiane des taux de CTx sériques restait stable sous ALN, et diminuait de manière significative sous Dmab au cours du traitement (p<0.0001).
Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes Dmab et ALN pour la survenue d’effets indésirables et d’effets secondaires graves, et aucun cas d’hypocalcémie avec manifestations cliniques n’a été rapporté.
Conclusion :
L’administration du Dmab après traitement par ALN est bien tolérée, et entraîne une augmentation de la DMO significative, et diminue encore le remodelage osseux à 1 an.






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