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Apathie dans la maladie de Parkinson : facteur de risque de démence ?

Par Isabelle Benatru (CHU de Dijon)
Article commenté :
Apathy may herald cognitive decline and dementia in Parkinson's disease.
Dujardin K, Sockeel P, Delliaux M et al.
Mov Disord. 2009;24(16):2391-7.
Retrouvez l’abstract en ligne

L’apathie est fréquente dans la maladie de Parkinson (MP). Elle peut apparaître isolément mais s’associe souvent à la dépression. Plusieurs études ont rapporté un lien entre apathie et troubles cognitifs en particulier l’atteinte des fonctions exécutives. Le but de cette étude est de déterminer si dans la MP, le déclin cognitif et/ou la démence surviennent plus fréquemment chez les patients apathiques (AP) que chez les non apathiques (NAP).
Quarante patients parkinsoniens non déprimés et non déments selon les critères DSM-IV ont été inclus. Parmi eux, 20 étaient apathiques selon les critères de Starskein et un score à la LARS supérieur à 17. L’évaluation cognitive effectuée à l’entrée dans l’étude puis 18 mois après en moyenne, comportait une échelle de MATTIS, et des tests des fonctions mnésiques et exécutives. L’échelle MADRS était utilisée pour rechercher une dépression.
A l’entrée dans l’étude, le score UPDRS moteur, le score d’apathie sur la LARS et celui de la MADRS étaient plus élevés dans le groupe AP que les NAP. Aucun de ces scores n’était corrélé avec les performances cognitives. Au terme du suivi, 8 patients AP sur 20 deviennent déments contre 1 sur 20 dans le groupe NAP (p=0.008). Par ailleurs, la diminution des performances cognitives est significativement plus importante dans le groupe AP par rapport aux NAP.

Cette étude montre que l’apathie pourrait représenter un facteur de risque prédictif de déclin cognitif et de démence dans la MP. La perte des neurones cholinergiques étant impliquée dans la démence de la MP, on peut se poser la question de l’implication des mécanismes cholinergiques dans l’apathie.
La force de cette étude est l’exclusion de patients déprimés. En effet, l’intrication apathie et dépression est très fréquente et il est connu que la dépression augmente le risque de détérioration cognitive. En revanche, les performances cognitives sont moins bonnes à l’entrée dans l’étude du groupe AP, ce qui n’exclut pas que la conversion vers la démence soit associée à la détérioration cognitive plutôt qu’à l’apathie. Ainsi, une étude avec des patients appariés sur leur statut cognitif serait intéressante.

Il s’agit de la première étude à montrer que l’apathie peut être un facteur de risque indépendant d’évolution vers la démence dans la MP chez les patients non déprimés, non déments. Etant donné que la démence contribue de façon significative à la morbi/mortalité dans la MP, il apparaît important de détecter l’apathie le plus tôt possible et de suivre de façon rapprochée le statut cognitif de ces patients.

Date de publication : 09-02-2010
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