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« Une étude décrit les mauvaises conditions de la mort à l'hôpital »

Le Monde 30 avril

Paul Benkimoun observe dans Le Monde que selon une « vaste enquête menée auprès de plus de 1 000 services hospitaliers et concernant 3 700 décès, publiée dans Archives of Internal Medicine », en France, « les conditions de décès à l'hôpital sont encore loin d'être optimales ». Le journaliste relève ainsi qu’« un tiers des infirmières, seulement, jugent acceptables les circonstances de ces décès. Un quart des personnes seulement meurent entourées de leurs proches, et 12 % ont été évaluées comme souffrant de douleurs ». Paul Benkimoun indique que « l'équipe de médecins réunie autour du Dr Edouard Ferrand (du service d'anesthésie-réanimation à l'hôpital Henri-Mondor, Créteil) a procédé par questionnaires. Ils ont été remplis par les infirmières, qui sont au plus près des malades ». Le journaliste poursuit : « Le faible nombre de patients mourant entourés de leurs proches (24 %) comme celui des malades bénéficiant d'antalgiques (44 % recevaient des opiacés au moment de leur mort) frappe. Mais, selon le Dr Ferrand, il ne traduit pas toujours une mauvaise prise en charge ». Françoise Ellien, psychologue clinicienne dans l'Essonne et cosignataire de l'article, précise ainsi que « certains malades attendent le départ de leurs proches et parfois même des soignants pour mourir, pour ne pas leur imposer ce spectacle ». Paul Benkimoun retient toutefois que « l'étude montre l'incapacité fréquente d'"adopter une approche de soins palliatifs au moment du décès bien que pour 74 % des patients la mort ait été prévisible" ». Le journaliste observe ainsi que « le faible nombre (12 %) de services hospitaliers disposant d'un protocole écrit de prise en charge de la fin de vie traduit un manque de diffusion des bonnes pratiques professionnelles ». Edouard Ferrand remarque que « ces protocoles existent essentiellement dans les services ayant reçu l'influence des équipes de soins palliatifs. Leur présence dépend encore trop de la subjectivité des équipes ». Le praticien ajoute que « la famille doit être prévenue d'un décès prévisible pour pouvoir éventuellement être présente. Elle doit être revue après le décès, car la vie continue. Peut-être faut-il également identifier une personne référente dans la famille, même si les informations sont difficiles à supporter ».

Date de publication : 28 mai 2008