Envoi du mail en cours
 
-
+

« Sois sage, ô ma douleur »

La Vie 24 avril 2008

La Vie s’intéresse à la prise en charge de la douleur aujourd’hui en France. L’hebdomadaire fait appel à plusieurs spécialistes dont le Dr Alain Serrie, du centre antidouleur de l’hôpital Lariboisière à Paris, qui déclare : « Nos patients ont derrière eux un long parcours médical. Notre consultation représente un dernier recours » ; puis livre plusieurs témoignages de patients du centre, dont celui de Frédéric, un policier de 39 ans qui a vécu trois ans enfermé chez lui, terrassé par la douleur. « Le moindre courant d 'air me faisait grimper au plafond, raconte-t-il. J'avais tout essayé, les antalgiques, la kiné, la mésothérapie, les massages, l'acupuncture, les guérisseurs. Je revis ». En dix ans, la lutte contre la douleur a évolué. « Les consultations comme celles de l’hôpital Lariboisière se sont multipliées en France même si les délais d’attente restent longs », d’autres médicaments sont venus « compléter la panoplie, antiépileptiques ou antidépresseurs détournés de leur usage traditionnel ». Le Dr Serrie précise que l’on assiste à une évolution des mentalités : « Les soignants sont devenus plus sensibles à la plainte douloureuse. La demande des patients est également beaucoup plus claire. ». Pour le Dr Sylvain Pourchet, responsable du service de soins palliatifs de l'hôpital Paul-Brousse, à Villejuif (94), les progrès sont concrets : « Les moyens dont nous disposons se sont améliorés grâce aux trois plans Antidouleur mis en place par les gouvernements successifs, mais aussi aux plans Soins palliatifs et Cancer. ». Pourtant, la situation est loin d’être idéale ; selon une enquête réalisée en 2005, « deux établissements sur trois n'ont pas de consultation de la douleur, particulièrement les cliniques privées et les hôpitaux locaux. Plus préoccupant : il existe de très fortes disparités entre les régions, entre les hôpitaux dans une même ville, voire entre les services au sein d'une clinique ou d'un hôpital », et comme l’explique le Dr Serrie, à l’inverse de la prise en compte de la douleur chez l’enfant qui ne fait que « progresser », celle de la personne âgée est « trop souvent banalisée ». Pour continuer de progresser, Isabelle Baszanger, sociologue et directeur de recherche au CNRS et à l’INSERM, pense qu’il est essentiel d’écouter le malade qui est « le meilleur expert », lui seul « peut juger de l’intensité de ce qu’il ressent (...) Avec la douleur, ce n’est plus la pathologie qui est au centre du dispositif, mais la personne elle-même ». La Vie conclut en signalant que « la prise en charge de la douleur pourrait bientôt devenir un «droit inaliénable», inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme des Nations unies. Un collectif mené par l'association Douleurs sans frontières lancera en mai prochain une pétition internationale en ce sens (www.douleurs.org) (...) La pétition sera apportée à New York, au siège de l'ONU, en décembre 2008, à l'occasion du 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme ».

Date de publication : 5 mai 2008