VIH : un espoir pour bloquer l’hyper-activation lymphocytaire
Une population particulière de globules blancs, des monocytes porteurs de la molécule MDC-8, semble avoir un rôle crucial dans le phénomène d’hyper-activation immunitaire qui participe à la progression du VIH. Des chercheurs français de l’Institut Cochin (Inserm, CNRS, Université Paris-Descartes), ont réalisé, avec le soutien de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), une étude comparant les sérums de 23 patients. En détruisant spécifiquement cette sous-population, le cercle vicieux d'hyper-activation du système immunitaire pourrait ainsi être interrompu.
Le VIH infecte les lymphocytes CD4+ activés et induit leur diminution. Cette progression menant au SIDA est renforcée par l’hyper-activation immunitaire chronique, relayée par les cytokines de l’inflammation telles que TNFα.
Au niveau de l'intestin, ces lymphocytes sont en permanence activés par le voisinage des bactéries intestinales et deviennent la cible du VIH ce qui induit leur destruction. La paroi intestinale est fragilisée, et laisse alors passer des produits bactériens comme les lipopolysaccharides (LPS) dans le sang.
Ces produits bactériens induisent une hyper-activation du système immunitaire, avec la production de cytokines inflammatoires, qui à leur tour induisent davantage d'activation des lymphocytes T CD4. Cela conduit à un cercle vicieux difficile à contrôler par les antirétroviraux même quand ils sont efficaces sur la charge virale plasmatique.
Les 15 patients infectés non traités ont été comparés aux 8 patients traités avec une charge virale indétectable. Les cellules mononucléaires des patients non traités produisaient plus de TNFα en réponse aux LPS que des patients traités efficacement.
A l’aide de la cytométrie de flux par culture et tri cellulaire, les chercheurs ont analysé toutes les populations cellulaires susceptibles de produire des cytokines inflammatoires en réponse au LPS. Chez les personnes avec du virus circulant, le nombre de monocytes CD14+CD16++ était augmenté, en particulier ceux exprimant M-DC8, tandis que le nombre de monocytes classiques CD14++CD16-M-DC8- était inchangé.
Dr Caroline Puech (Paris)
Références :
Dutertre CA, Amraoui S, Derosa A, Jourdain JP, Vimeux L, Goguet M, Degrelle S, Feuillet V, Liovat AS, Müller-Trutwin M, Decroix N, Deveau C, Meyer L, Goujard C, Loulergue P, Launay O, Richard Y, Hosmalin A.
Pivotal role of M-DC8+ monocytes from viremic HIV-infected patients in TNFα over-production in response to microbial products.
Blood. 2012 Jul 16
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