Arbovirus, le nombre de cas autochtones s'intensifie
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Les cas de transmission autochtone des arbovirus par le moustique Aedes, augmentent progressivement en Europe au fil des années. Une étude parue dans The Lancet Regional Health dresse ce constat, ainsi que celui d’un délai trop important dans la détection des épidémies. La transmission locale des arbovirus en Europe constitue une menace émergente pour la santé publique. Une équipe a mieux documenté ce risque en analysant les caractéristiques épidémiologiques de la transmission autochtone de ces virus par les moustiques du genre Aedes. Elle a effectué une revue systématique de la littérature entre 2007 et 2024, rapportant les cas autochtones de dengue, chikungunya et Zika détectés en Europe.
Au total, 59 études ont été incluses décrivant 56 foyers de transmission autochtone dans cinq pays (France, Italie, Espagne, Croatie, Portugal), essentiellement de dengue. La fréquence de ces événements a augmenté au fil du temps ; elle a été multipliée par 1,25 par an en moyenne (1,17 à 1,35), avec 43 foyers dans les six dernières années contre 13 entre 2007 et 2017.
L’épidémie de dengue autochtone la plus importante a été enregistrée en France (N = 37), et l'Italie a été confrontée au plus grand nombre de cas autochtones d’arbovirus (N = 41). Le délai médian entre l’apparition des symptômes chez le premier individu infecté et le diagnostic d’épidémie était de 35,5 jours (23 à 76).
Paolo Cattaneo et al.
Transmission of autochthonous Aedes-borne arboviruses and related public health challenges in Europe 2007–2023: a systematic review and secondary analysis
The Lancet Regional Health. 101231, February 10, 2025
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Date de publication : 25 février 2025

