« Que valent vraiment les traitements anticholestérol ? »
« Longtemps présentées comme «miraculeuses», les statines sont aujourd'hui sur la sellette. Certains accusent ces médicaments anticholestérol d'être inutiles. D'autres d'avoir trop d'effets secondaires. Ce qui est certain, c'est qu'elles ne sont pas toujours prescrites à bon escient ! ». Aidé de son expert, le Pr Eric Bruckert, responsable de l'unité d'exploration métabolique pour la prévention des maladies cardio-vasculaires à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) et membre fondateur de l'Association pour la recherche sur le cholestérol (ARCOL), Top Santé explique que « tous les médicaments de la classe des statines sont associés à des troubles musculaires » ainsi que « des troubles hépatiques et digestifs, des maux de tête, des insomnies, des allergies cutanées, des oedèmes… Autres problèmes possibles : douleurs articulaires, fourmillements (paresthésies), vertiges, problèmes de mémoire, impuissance, alopécie ». Top Santé remonte même en 2001 sur « les déboires du Staltor®, la Statine vedette des laboratoires Bayer, (...) brutalement retiré du marché. (...) Il avait provoqué dans le monde la mort de 52 patients par rhabdomyolyse, c'est-à-dire par destruction des muscles ». Top Santé précise que, par conséquent, « les médecins sont invités à surveiller attentivement leurs patients sous statine et à arrêter le traitement s'ils présentent des douleurs musculaires ou des crampes. Surtout si l'examen du sang montre l'élévation d'une enzyme, la créatine-phosphokinase (CPK), témoin de l'agression musculaire ». Pour sa part, le Pr Eric Bruckert, fait tout de même remarquer que les risques des statines « sont vingt fois plus faibles que ceux de l'aspirine » et Top Santé de préciser que « pour les personnes qui ont un risque cardio-vasculaire élevé : celles qui souffrent de coronaropathie, d'artérite, d'antécédents d'accident vasculaire cérébral ou de diabète (...), la prise de statines réduirait de 30% le taux de mortalité » donc la question de la prescription « ne se pose pas » ! Le mensuel souligne qu’à l’Afssaps, « on indique néanmoins que la prescription de statines n’est pas justifiée quand le risque cardio-vasculaires est faible »... « Une recommandation de 2005 non respectée dans un cas sur deux » conclut le mensuel.

