VIH et hépatite C : les salles de consommation limitent les pratiques à risques
Par le Dr Sophie Florence
Paris
Article commenté :
Le risque de partage de matériel des personnes ayant accès aux salles de consommation est diminué de 90% par rapport à celles ayant accès à d’autres types de structures de réduction des risques. L’évaluation de l’efficacité des premières SCMR déployées en France en 2016 a été confiée à l’Inserm par la Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives. Les résultats sont publiés dans la revue Addiction. La politique française de réduction des risques de transmission des virus du VIH et de l’hépatite C chez les personnes qui consomment des substances par injection inclue notamment l’accès aux seringues stériles et à des salles de consommation à moindre risque (SCMR).
Les salles de consommation à moindre risque (SCMR) – aujourd’hui dénommées « haltes soins addictions » – permettent aux usagers de pouvoir consommer dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité, avec un accès facilité à du matériel d’injection stérile à usage unique, sous la supervision d’un personnel formé.
Les chercheurs ont voulu évaluer l’impact des salles de consommation en France sur le partage de matériel d’injection et sur l’accès aux tests de dépistage de l’hépatite C et aux traitements par agonistes opioïdes grâce à la cohorte française Cosinus incluant 662 usagers de substances par injection (illégales ou médicamenteuses).
Alors que plus de 25% des participants déclaraient être infectés par l’hépatite C, les résultats de cette étude montrent que 1% des participants ayant accès aux salles de consommation déclaraient être susceptibles de partager leur équipement d’injection contre 11% de ceux n’ayant pas accès à ces lieux.
En revanche, aucune différence significative entre les deux groupes n’était visible sur le dépistage de l’hépatite C ni sur le suivi d’un traitement par agoniste opioïde.
Les auteurs concluent sur l’intérêt de renforcer le dispositif existant et de continuer le suivi de ces personnes afin de confirmer l’impact positif des salles de consommation sur les pratiques à risques.
Référence :
Lalanne L, Roux P, Donadille C et al.
Drug consumption rooms are effective to reduce at-risk practices associated with HIV/HCV infections among people who inject drugs: Results from the COSINUS cohort study.
Addiction. 2023 Sep 24. doi: 10.1111/add.16320.
Retrouver l’article en ligne
Date de publication : 2 octobre 2023

