Infection à Mycoplasma pneumoniae : conduite à tenir en cas de suspicion
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Attention aux cas d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae. Le plus souvent bénignes en temps normal, ces infections à Mycoplasma pneumoniae connaissent une recrudescence en France avec des cas pouvant nécessiter une hospitalisation d’adultes ou d’enfants. Pour prévenir ce risque, la DGS publie un document à destination des professionnels de santé afin de repérer ces infections atypiques et de les prendre en charge efficacement.Face à une recrudescence inhabituelle de cas d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae pouvant nécessiter une hospitalisation, la DGS a diffusé une mise au point sur la conduite à tenir.
Mycoplasma pneumoniae est une bactérie dite « atypique » responsable d’infections respiratoires très fréquentes chez les enfants de plus de 4 ans et les jeunes adultes. Elle représente après le pneumocoque, la deuxième cause de pneumonie aiguë communautaire bactérienne.
La transmission interhumaine se fait via les gouttelettes et l’incubation est de 1 à 3 semaines. L’immense majorité des cas sont bénins et guérissent spontanément. Le diagnostic clinique en ville peut être évoqué devant une pneumopathie, associée à des douleurs musculaires, des lésions dermatologiques et une cytolyse hépatique, tout particulièrement en présence de cas groupés en collectivité. L’antibiothérapie probabiliste de première intention repose sur les macrolides en monothérapie aux posologies recommandées.
En cas de pneumopathie bactérienne sans signes atypiques évocateurs, le traitement de première intention reste l’amoxicilline ou l’association amoxicilline/ acide clavulanique selon les recommandations habituelles. Dans ce cas, une réévaluation clinique à 48-72h est impérative et le diagnostic de Mycoplasma pneumoniae doit être évoqué en cas d’échec de l’antibiothérapie, incitant à changer en faveur d’un macrolide après avoir réalisé une radiographie de thorax de contrôle pour éliminer un épanchement pleural et/ou une CRP.
La confirmation du diagnostic d’infection à Mycoplasma pneumoniae se fait, si besoin, en milieu hospitalier par PCR2 sur prélèvement respiratoire, pharyngé ou nasopharyngé et/ou par diagnostic sérologique.
Source :
Augmentation des cas d’infections respiratoires a mycoplasma pneumoniae en france
DGS-URGENT N°2023_23
Retrouvez la mise au point
Date de publication : 7 décembre 2023

