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Revue de presse du 3 février 2026

ARTICLE DU JOUR
Ostéoporose du grand âge : traiter sans limite chronologique

Ostéoporose du grand âge : traiter sans limite chronologique

L’utilisation des traitements anti-ostéoporotiques chez les sujets très âgés repose sur des données scientifiques solides. L’âge chronologique ne constitue pas - et ne doit pas constituer - un critère d’exclusion thérapeutique lorsque le bénéfice fracturaire existe.

Les analyses post-hoc des essais pivots (HORIZON, FREEDOM, FPT) confirment la persistance de l’efficacité des traitements anti-ostéoporotiques après 75 ans. Une réduction du risque fracturaire entre 27% et 66% est observée selon le type de fracture.
En vie réelle, chez des patients de plus de 65 ans (médiane 78 ans), l’introduction des anti-ostéoporotiques à la sortie d’une hospitalisation pour fracture de hanche diminue le risque de refracture et augmente l’espérance de vie sans fracture.
En cas de fracture de hanche controlatérale, le délai médian de survenue d’une nouvelle fracture atteint 42 mois sous traitement versus 26 mois en l’absence de traitement. D’autant que le profil de tolérance est comparable à celui observé chez les sujets plus jeunes, malgré des points de vigilance liés à la multimorbidité, à la polymédication et au vieillissement rénal physiologique.

La population âgée et très âgée constitue une cible prioritaire des traitements anti-ostéoporotiques, l’âge étant un facteur majeur de chute (un tiers des plus de 65 ans et la moitié des plus de 85 ans chutent au moins une fois par an à domicile).
L’incidence des fractures augmente nettement après 70 ans, avec une accentuation marquée au très grand âge. L’ostéoporose reste pourtant sous-diagnostiquée et sous-traitée.
Ce décalage entre le besoin populationnel et l’inadéquation de la prise en charge, alors qu’un traitement efficace est disponible, est un défi majeur, d’autant plus que la morbi-mortalité post-fracturaire est élevée et que le risque imminent de re-fracture est majeur après une première fracture.

Les prescriptions médicamenteuses inappropriées illustrent un paradoxe persistant : under-use des traitements anti-ostéoporotiques et over-use de médicaments inducteurs d’ostéoporose. En pratique, l’outil STOPP & START facilite la révision des prescriptions et l’optimisation thérapeutique chez le sujet âgé.

Référence :
Intervention de Sabine Drevet (Grenoble) lors de la Journée scientifique du Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO, 16 janvier 2026, Paris)

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