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Revue de presse du 5 octobre 2023

ARTICLE DU JOUR
L'insécurité : plainte première des travailleurs de nuits à l'AP-HP

L'insécurité : plainte première des travailleurs de nuits à l'AP-HP
L’AP-HP a invité tous les professionnels travaillant uniquement de nuit ou en alternance jour ou nuit, à l’exception des médecins, à s’exprimer sur leurs conditions de travail. Les plaintes sont nombreuses quant aux moyens disponibles, à la sécurité, aux possibilités d’évolution ou encore de reconnaissance par la hiérarchie. Toutefois la majorité des répondeurs estiment que pour eux personnellement, les choses se passent plutôt bien. Les données sont publiées dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.
 
Le recours au travail de nuit est en augmentation ces dernières décennies en France, avec un doublement du nombre de travailleurs de nuit réguliers entre 1990 et 2013. La dérégulation du rythme veille/sommeil a des répercussions sur la santé (troubles du sommeil, irritabilité, anxiété, augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, de troubles métaboliques et de certains cancers) et sur la vie sociale et familiale.
Dans ce contexte, l’AP-HP a évalué la qualité de vie de personnes travaillaient uniquement de nuit ou alternant entre travail de nuit et de jour. Cette enquête Aladdin a été menée en 2020 dans les 39 établissements de l’AP-HP. Toutes les professions, à l’exception des médecins, pouvaient participer (secteurs paramédicaux, accueil, sécurité et hygiène).
Parmi les personnes sollicitées, 12,5% ont participé dont 77% de femmes âgées en moyenne de 39 ans. Plus de la moitié étaient des infirmiers, 38% des aides-soignants ou techniciens, 4,2% sages-femmes, 0,8% cadres, et 4,6% appartiennent à d’autres catégories professionnelles. L’ancienneté moyenne dans le travail de nuit était de 9 ans.
Les résultats indiquent que 38,7% des participants se déclarent satisfaits de la qualité générale de leur vie professionnelle. Ils sont toutefois 73,6% à trouver qu’en général « les choses se passent bien pour eux au travail » et 66% à trouver que leurs horaires de travail sont adaptés à leur situation personnelle. En revanche seulement 51% sont satisfaits du niveau de formation reçu pour effectuer leur travail et surtout à peine un tiers (33,5%) considère travailler dans un environnement sécurisé.
Les items pour lesquels les participants étaient les moins satisfaits étaient les opportunités de carrière offertes, les conditions de travail ou encore la reconnaissance de la qualité du travail par le supérieur hiérarchique.
A noter que cette enquête s’étant déroulée peu après la première vague épidémique de Covid-19, ce manque de satisfaction peut être lié aux retentissements psychologiques majeurs de la pandémie.
 
Référence:
Martin Duracinsky et al.
Qualité de vie au travail du personnel hospitalier de nuit : des enjeux spécifiques pour les informiers et sages-femmes, enquête AP-HP ALADDIN.
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire N° 18 | 19 septembre 2023 
Retrouvez l’abstract en ligne
« Le déficit des hôpitaux publics menace de doubler »
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« Le déficit des hôpitaux publics menace de doubler »
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