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Revue de presse du 26 novembre 2025

ARTICLE DU JOUR
Que reste-t-il aux bandelettes sous-urétrales en polypropylène dans l'incontinence urinaire féminine ?

Que reste-t-il aux bandelettes sous-urétrales en polypropylène dans l'incontinence urinaire féminine ?

Depuis les Implant Files en 2018, le paysage thérapeutique de l’incontinence urinaire féminine d’effort a changé. Alors qu’un arrêté ministériel d’avril 2025 règlemente la pose des bandelettes sous-urétrales (BSU), et sans attendre les recommandations de la HAS prévues pour 2028, le Comité d’urologie et de pelvipérinéologie de la femme (CUROPF) de l’Association française d’urologie a rédigé un guide de pratique clinique dans l’IUE de la femme, présenté lors du 119e congrès français d’urologie (19-22 novembre, Paris).

Désormais, selon l’AFU, seules les BSU de type TVT (voie rétropubienne) sont recommandées, en raison d’une morbidité plus faible (plus de douleurs pelviennes chroniques avec les TOT) et d’une ablation plus aisée et moins pourvoyeuse de séquelles/douleurs. 
Les bandelettes transobturatrices (TOT) ne sont donc plus retenues, sauf en cas d’impossibilité de pose d’une TVT ou pour des essais cliniques. Les mini-bandelettes sont proscrites.
Lorsque l’implantation des BSU est réalisée par voie rétropubienne selon des critères de sélection des patientes, le taux de guérison subjective se situe entre 50 et 90% après cinq ans de recul.
Les TVT restent cependant une option de 2e ligne après les mesures hygiéno-diététiques et la proposition de techniques conservatrices (rééducation pelvipérinéale, dispositifs intravaginaux spécifiques, pessaires de continence).
Des œstrogènes en local sont indiqués en cas de syndrome génito-urinaire de la ménopause. Les injections d’agents de comblement urétral (insuffisance sphinctérienne) et les ballonnets périurétraux ajustables sont possibles, avec une efficacité inférieure à celle des BSU synthétiques.
Les bandelettes aponévrotiques pubovaginales voire la colposuspension de Burch peuvent être une option, chez quelques patientes. On oublie le laser vaginal, la stimulation électromagnétique et la radiofréquence vaginale, faute de preuves. Ce qui n’est pas le cas du sphincter artificiel urinaire, l’option de choix validée depuis très longtemps en cas d'insuffisance sphinctérienne sévère.

L’arrêté ministériel d’avril 2025 établit pour la pose de BSU l’obligation d’une RCP, la traçabilité du dispositif, la remise d’un document du ministère de la santé à la patiente, un suivi postopératoire à un mois et un an, un cystoscope au bloc opératoire, une formation validante tous les trois ans pour le chirurgien (inexistante), un seuil (très contesté) minimal de 25 chirurgies annuelles de l’incontinence par établissement dont deux actes marqueurs différents.
L’explantation relève de 27 centres experts en France.

Références :
- Peyronnet B, et al. CUROPF, 2025, Guide pour la pratique clinique sur la prise en charge thérapeutique de l'incontinence urinaire d'effort chez la femme par le Comité d'urologie et pelviperinéologie de la femme.
- Arrêté du 25 avril 2025 encadrant la pratique des actes d'implantation associés à la pose de bandelettes sous-urétrales destinés au traitement chirurgical de l'incontinence urinaire d'effort chez la femme en application des dispositions de l'article L. 1151-1 du code de la santé publique.
- CO_065 Dix ans de bandelettes sous-urétrales : l’essor de la TVT (CFU 2025)
- Brazzelli M, Javanbakht M, Imamura M, et al. Surgical treatments for women with stress urinary incontinence: the ESTER systematic review and economic evaluation. Health Technol Assess. 2019 Mar;23(14):1-306.
- Guillot -Tantay C, Guillo S, Minh Hoang C et al. Long-term safety of mid-urethral sling for stress urinary incontinence in women: an emulated trial using French national health data system, Vol 87, 103411, Sept 2025.

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