Baisse de la pollution atmosphérique en Île-de-France bénéfique pour la santé
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Et si les Franciliens allaient mieux ? La qualité de l’air s’est améliorée au cours des dix dernières années en Île-de-France avec un bénéfice pour la santé. Une étude parue dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire objective ces données par des chiffres qui peuvent servir à orienter les politiques publiques et favoriser l’acceptabilité sociale des mesures.Une étude parue dans le BEH évalue deux indicateurs environnementaux clés : la mortalité attribuable à l’exposition à la pollution atmosphérique d’origine anthropique depuis dix ans en Île-de-France, et les bénéfices attendus si les concentrations observées en 2019 étaient ramenées au niveau des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.
Ce travail s’appuie sur des données de population géoréférencées croisées avec les concentrations de polluants PM2.5 (particules fines), NO2 (dioxyde d’azote) and O3 (ozone) estimées par Airparif pour les périodes 2008-2010 et 2017-2019. Une résolution fine permet d’évaluer les niveaux d’exposition de la population ensuite rapportés à un niveau de référence (niveau minimal sans pollution anthropique, selon les standards OMS). La part de décès attribuables (ou évitables) à ce différentiel est ensuite jaugée à partir des risques relatifs issus de la littérature.
Ainsi, entre 2010 et 2019, le nombre annuel de décès attribuables à l’exposition prolongée aux particules fines PM2,5, l’un des principaux polluant de l’air, est passé de 10.350 [3.840-15.660] à 6.220 [2.240-9.650], et a donc baissé de 40%. Cela correspond à un gain d’espérance de vie de près de huit mois en moyenne par habitant en Île-de-France.
Si de nouvelles mesures étaient prises pour abaisser les niveaux actuels de pollution de l’air sous les valeurs guides de l’OMS, plus de 7.900 [2.240-13.630] décès pourraient être évités chaque année en moyenne en Île-de-France.
Référence :
Sabine Host et al.
Mortalité attribuable à la pollution atmosphérique en île de France. Quelle évolution depuis 10 ans et quels bénéfices d’une amélioration de la qualité de l’air dans les territoires ?
BEH N°19-20, octobre 2022
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Date de publication : 27 octobre 2022

