VIH : la transplantation rénale à partir d'un patient infecté est une vraie solution
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Chez des personnes infectées par le VIH en atteinte d’un rein, la greffe d’un organe provenant d’un donneur infecté par le VIH offre les mêmes chances qu’un rein issu d’un donneur non infecté. Cette pratique est autorisée depuis 2021 en France. Et cette étude parue dans le NEJM se montre rassurante pour les personnes concernées.La transplantation rénale entre un donneur atteint du VIH dont l’infection est contrôlée et un receveur également séropositif est possible depuis 2021 en France.
Une étude américaine apporte des données complémentaires sur l’efficacité et la sécurité de cette pratique. Les chercheurs ont comparé les résultats de la transplantation rénale de donneurs décédés atteints du VIH chez des personnes séropositives avec celle de donneurs décédés non infectés par le VIH. Il s’agit d’une étude observationnelle menée dans 26 centres américains.
Le critère principal était la non-infériorité du don issu de ces deux types de donneurs en matière d’événement composite grave (décès toutes causes confondues, perte de greffon, événement indésirable grave, infection par le VIH, échec persistant du traitement du VIH, ou infection opportuniste).
Pour cette étude, 198 personnes ont reçu un rein : 99 issus d'un donneur atteint du VIH et 99 issus d'un donneur non atteint du VIH. Le rapport de risque ajusté pour le critère d'évaluation principal composite était de 1 (0,73 à 1,38), confirmant la non-infériorité du don d’un rein prélevé chez un patient atteint du VIH. Les critères d'évaluation secondaires étaient également similaires entre les deux groupes : survie globale à 1 an (94% contre 95%) et à 3 ans (85% contre 87%), survie sans perte du greffon à 1 an (93% contre 90%) et à 3 ans (84% contre 81%), et rejet à 1 an (13% contre 21%) et à 3 ans (21% contre 24%).
L'incidence d'événements indésirables graves, d'infections, de complications chirurgicales ou vasculaires et de cancer était similaire dans les groupes. L'incidence de la percée de l'infection par le VIH était toutefois plus élevée chez les receveurs de reins provenant de donneurs infectés (3,14 ; 1,02 à 9,63) mais il n’y a eu aucun échec persistant du traitement anti-VIH.
Référence :
Christine M. Durand et al.
Safety of Kidney Transplantation from Donors with HIV
N Engl J Med 2024;391:1390-1401
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Date de publication : 31 octobre 2024

