Le méthylphénidate active les circuits neuronaux de l'éveil et de la récompense
Le méthylphénidate, indiqué dans les troubles de l’attention, ne stimulerait en réalité pas les circuits neuronaux de l’attention. Une étude parue dans Cell indique qu’il active en réalité les circuits de la récompense et de l'éveil, de sorte qu’il améliore l’effort et la persévérance chez les utilisateurs.
Aux Etats-Unis, 6,1% des Américains consomment des psychostimulants sur ordonnance, notamment pour des troubles de l’attention. Ils seraient jusqu’à un quart chez les garçons dans la tranche d’âge 10–19 ans. Toutefois, l’effet sur le cerveau du principal d’entre eux, le méthylphénidate, est discuté en raison d’observations contradictoires par IRM fonctionnelle.
Une équipe américaine a utilisé des données d'IRMf au repos issues d’une étude sur le développement cognitif du cerveau des adolescents (Adolescent Brain Cognitive Development Study, n = 11 875 ; âgés de 8 à 11 ans) et validé les résultats auprès d'adultes sains (n = 5) traités par méthylphénidate à la dose de 40 mg.
Les participants ont été soumis à une IRMf au repos avant et après la prise d'une dose de stimulant, ce qui a permis de mesurer précisément les modifications de la connectivité cérébrale.
Les chercheurs ont constaté que les centres de l'éveil et de la récompense, et non les centres de l'attention, étaient activés par les médicaments. La prise de stimulants a inversé les effets du manque de sommeil sur la connectivité et les résultats scolaires.
La connectivité était également modifiée dans les réseaux importants pour l'apprentissage motivé par la récompense. En revanche, aucune modification n’a été constatée dans les systèmes attentionnels cérébraux.
Référence :
Benjamin P. Kay et al.
Stimulant medications affect arousal and reward, not attention networks
Cell Volume 188, Issue 26, p 7529-7546.
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