Réforme de l'accès aux études de santé : bilan mitigé
Par le Dr Sophie Florence
Paris
Article commenté :
En 2024, 21% des nouveaux bacheliers ont fait un vœu sur Parcoursup pour accéder en PASS ou en LAS, mais les deux nouvelles voies d’accès se caractérisent par un nombre élevé de possibilités, souvent très hétérogènes. Quatre ans après sa mise en place, la Cour des comptes publie une évaluation de réforme. Elle recommande de mettre en place une voie unique d’accès, axée sur une première année principalement dédiée à la santé, et de mieux articuler les besoins territoriaux et les capacités de formation.Quatre ans après la mise en place de la réforme, le bilan des deux principaux objectifs, améliorer la réussite étudiante et diversifier les profils, est mitigé. La première année commune aux études de santé (PACES) constituait, depuis 2010, une année de préparation à des épreuves de sélection pour intégrer les formations en santé. Elle concernait 57.000 étudiants en 2019 et sélectionnait 16.000 étudiants en médecine (10.000), maïeutique, odontologie et pharmacie (MMOP).
Alors que cette PACES était critiquée pour ses modalités d’enseignement et pour sa proportion d’échecs importante, souvent après deux tentatives, la nécessité de faire évoluer le dispositif est rapidement apparue, donnant lieu à une réforme en 2019 supprimant la PACES et le numerus clausus à partir de la rentrée universitaire 2020.
L’accès au premier cycle se fait désormais via trois nouvelles voies : le parcours avec accès spécifique santé (PASS), la licence avec option accès santé (LAS), et des passerelles depuis certaines formations. Cette réforme visait entre autres à augmenter le nombre de professionnels de santé, améliorer la réussite des étudiants ou encore diversifier les profils des étudiants.
Le nombre d’admis en MMOP sur les trois premières années de la réforme a augmenté par rapport à l’année précédente pour les filières médecine (+18%) et odontologie (+14%) mais a diminué pour les autres filières (-6% pour pharmacie, -4% pour maïeutique).
Par ailleurs, la répartition géographique des places en médecine se révèle disparate entre régions et, plus encore, entre universités, sans qu’une logique de rattrapage des inégalités n’aboutisse.
Référence :
Cour des comptes
L'accès aux études de santé
décembre 2024
Retrouver le rapport en ligne
Date de publication : 17 décembre 2024

