Antibiorésistance en Europe : optimiser l'usage des antibiotiques porte ses fruits
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
Les pays européens ayant levé le pied sur les antibiotiques chez les individus et les animaux destinés à l'alimentation constatent un recul de l'antibiorésistance. Cette tendance se vérifie pour Escherichia coli, dont la résistance régresse en lien avec la diminution de la consommation d'antibiotiques.C’est l’information clé du 4ème rapport conjoint du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l'Agence européenne des médicaments (EMA) (données 2019 à 2021), où l’on peut lire : « Chez l'homme, des associations positives ont été trouvées entre le niveau de consommation des carbapénèmes, céphalosporines et (fluoro)quinolones de 3ème et 4ème générations et une résistance à E. coli provenant d’infections humaines invasives ».
Une tendance similaire est observée chez les animaux destinés à l'alimentation, où des associations positives ont été établies entre les niveaux de consommation de (fluoro)quinolones, de polymyxines, d'aminopénicillines et de tétracyclines, et le développement d'une résistance d'E. coli. Idem dans le cas des volailles et du porc, où l'utilisation des (fluoro)quinolones et des macrolides est associée à une résistance accrue chez Campylobacter coli.
Dans certaines situations, l'antibiorésistance des bactéries humaines était également liée à l'antibiorésistance des bactéries provenant d'animaux servant à l’alimentation humaine (Campylobacter jejuni et les (fluoro)quinolones et pour Campylobacter coli et macrolides).
Dans l'ensemble, une diminution de la consommation de céphalosporines de 3ème et 4ème générations, de quinolones, de polymyxines, d'aminopénicillines et de tétracyclines a été enregistrée chez les animaux destinés à l'alimentation entre 2014 et 2021 dans un quart des pays.
Dans la plupart de ces pays, cette réduction s'est accompagnée d'une tendance à la baisse de la résistance antimicrobienne d'E. coli dans des échantillons intestinaux d'animaux. Au cours de cette période, deux tiers des pays inclus dans l'analyse ont diminué leur consommation de quinolones et d'aminopénicillines.
Dans au moins un quart de ces pays, cette diminution était associée à une réduction de la résistance de ces antimicrobiens face à E. coli chez l'humain.
Référence :
Antimicrobial consumption and resistance in bacteria from humans and food-producing animals
EFSA Journal. 2024;22:e8589.
Date de publication : 27 février 2024

