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Revue de presse du 23 octobre 2023

ARTICLE DU JOUR
Prévalence des mutilations sexuelles féminines

Prévalence des mutilations sexuelles féminines
Les niveaux de la prévalence des mutilations sexuelles féminines en France sont variables selon les départements : allant de 0,7% dans les Alpes-Maritimes à 1% dans le Rhône et à 7% en Seine-Saint-Denis. Le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire vient de publier les résultats d’une vaste enquête par questionnaire dans plusieurs établissements de santé auprès de femmes âgées de 18 à 44 ans.
 
Les « mutilations sexuelles ou génitales féminines » (MSF) recouvrent « toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques ».
Dans les années 2010, on estimait à près de de 125.000 le nombre de femmes vivant excisées sur le territoire. Afin de développer la connaissance sur ces pratiques, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes a lancé en 2020 une expérimentation scientifique d’un protocole de mesure directe des mutilations sexuelles féminines.
Les auteurs ont réalisé, dans trois départements pilotes (les Alpes-Maritimes, le Rhône et la Seine-Saint-Denis) une enquête par questionnaire auprès de 2508 femmes âgées de 18 à 44 ans grâce à la participation 41 établissements de santé (protocole d’enquête direct, inspiré d’enquêtes par questionnaire auprès de femmes en âge de procréer et développées dans les pays d’origine).
Les résultats révèlent des niveaux contrastés de la pratique entre les départements variant de 1% ou moins (dans le Rhône et les Alpes-Maritimes) à 7% en Seine-Saint-Denis. Ces différentes prévalences sont corrélées à la présence plus ou moins importante des femmes originaires de « pays à risque ».
Ces spécificités territoriales sont importantes à noter car elles révèlent la plus ou moins grande présence de femmes dites « à risque » dans les trois départements et elles permettent d’expliquer les différences de niveaux de prévalence.
Enfin, l’enquête conclut que dans les trois départements, le risque d’excision varie très fortement selon le rang générationnel de migration et selon l’année de naissance. Ainsi, le risque d’excision est beaucoup plus élevé́ parmi les femmes nées dans un pays à risque que parmi les femmes nées en France. En outre, les femmes nées avant 1995 ont des risques plus élevés d’être excisées que les générations les plus jeunes.
 
Référence :
Lesclingand M, Sylla F, Andro A, Boisson S. 
Une enquête pilote de prévalence des mutilations sexuelles féminines dans trois départements français.
Bull Épidémiol Hebd. 2023;(19):398-407.
Retrouver l’article en ligne
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