Au niveau mondial, une personne sur cinq touchée par l'acné
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
Une étude internationale, la première de cette envergure, a mis en lumière une prévalence de l'acné de 20,5% à l'échelle mondiale, avec des régions plus concernées, comme l’Amérique latine et les pays d’Asie de l’Est.L’étude ALL, qui vient d’être publiée dans le Journal of American Academy of Dermatology (JAAD), a porté sur 50.000 individus de 16 ans et plus vivant dans 20 pays répartis sur les cinq continents.
Elle estime que la prévalence mondiale de l'acné est de 20,5%, atteignant 28,3% chez les 16-24 ans mais aussi 19,3% chez les 25-39 ans. Les femmes sont plus affectées que les hommes (23,6% contre 17,5%).
L'Amérique latine et les pays d'Asie de l'Est sont en tête des régions les plus touchées par l'acné et les disparités entre les zones géographiques sont importantes avec 23,9% en Amérique latine, 20,2% en Asie de l'Est (Chine, Corée du Sud, Japon), 18,5% en Afrique et 16,1% au Moyen-Orient. Les taux les plus bas sont constatés en Europe (9,7%) et en Australie (10,8%).
D’après le Pr Jean-Hilaire Saurat, professeur de dermatologie à l’Université de Genève, past-président de l’International League of Dermatological Societies, co-auteur ALL, « le pourcentage élevé d'acné enregistré en Amérique latine et dans les pays d'Asie de l'Est peut être attribué, entre autres, à des facteurs génétiques, mais probablement aussi à des facteurs culturels et environnementaux, en particulier l'alimentation dont la quantité de sucre ingérée (charge glucidique) via la production de l’ IGF-1, ou encore l’ingestion à plus ou moins haute dose de xénobiotiques présents dans l’environnement et par conséquent dans l’alimentation. C’est l’exemple de la chloracné, induite par la dioxine. »
Enfin, ALL confirme la qualité de vie dégradée des personnes vivant avec une acné, lesquels décrivent une fatigue (pour 50% d'entre eux), des difficultés à dormir (41%) ou encore le renoncement à des activités ou à des projets.
La stigmatisation ressort de cette étude, avec un sentiment de rejet et d’exclusion pour 31% des individus acnéiques. Elles ont souvent le sentiment que les gens évitent de les toucher (27%) ou de s'approcher d'elles (26%).
Référence :
Saurat JH, Halioua B, Baissac C, et al.
Epidemiology of acne and rosacea: A worldwide global study.
J Am Acad Dermatol. 2024 Jan 4:S0190-9622(24)00002-1.
(Étude ALL, financée par les laboratoires Pierre Fabre)
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Date de publication : 19 mars 2024

