DT2 : tenir compte du risque d'exacerbation de la BPCO
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Comment tenir compte de la BPCO chez un diabétique ? Une étude parue dans le BMJ a permis de comparer l’effet sur la BPCO de plusieurs traitements antidiabétiques. Elle montre que les agonistes des récepteurs du GLP-1 et les inhibiteurs du SGLT-2 sont associés à un risque réduit d'exacerbations sévères par rapport aux sulfamides hypoglycémiants chez les patients atteints de BPCO et de diabète de type 2. Les inhibiteurs de la DPP-4 suivent la même tendance mais font moins bien.Prendre en compte la BPCO de patients atteints de diabète de type 2 lors de la prescription d’un traitement antidiabétique peut poser problème. A ce titre, une équipe anglaise a comparé l'utilisation d'agonistes des récepteurs du GLP-1, d'inhibiteurs de la DPP-4 et d'inhibiteurs du SGLT-2, par rapport aux sulfamides hypoglycémiants, en lien avec le risque d'exacerbations de la BPCO chez des sujets atteints de diabète de type 2.
Il s’agit d’une étude de cohortes basée sur des données de registres incluant des nouveaux utilisateurs pour ces trois molécules ou des sulfonylurées, et ayant des antécédents de BPCO. La première cohorte comprenait 1252 patients débutant un traitement par agonistes des récepteurs du GLP-1 et 14.259 débutant des sulfamides hypoglycémiants, la deuxième comprenait 8731 patients commençant des inhibiteurs de la DPP-4 et 18.204 des sulfamides hypoglycémiants, et la troisième inlcuait 2956 patients commençant des inhibiteurs du SGLT-2 et 10.841 des sulfamides hypoglycémiants.
Comparativement à ces derniers, les inhibiteurs du SGLT-2 ont été associés à une diminution de 38% du risque d'exacerbation sévère (2,4 contre 3,9 événements pour 100 personnes-années ; RR 0,62 ; 0,48 - 0,81) mais pas d'exacerbation modérée (1,02 ; 0,83- 1,27), les agonistes des récepteurs du GLP-1 à une diminution de 30% du risque d'exacerbation sévère (3,5 contre 5 événements pour 100 personnes-années ; RR 0,70, 0,49 - 0,99) et d'exacerbation modérée (0,63 ; 0,43 - 0,94).
Et les inhibiteurs de la DPP-4 ont été associés à une incidence légèrement réduite d'exacerbation sévère (4,6 contre 5,1 événements pour 100 années-personnes ; RR 0,91, 0,82 - 1,02) et d'exacerbation modérée (0,93, 0,82 - 1,07).
Référence :
Richeek Pradhan et al.
Novel antihyperglycaemic drugs and prevention of chronic obstructive pulmonary disease exacerbations among patients with type 2 diabetes: population based cohort study
BMJ 2022;379:e071380
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Date de publication : 23 novembre 2022

