Le point sur la cirrhose métabolique, une entité en plein essor
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
Que s’est-il passé depuis la première description de la stéatohépatite métabolique en 1981 ? Le Pr Vlad Ratziu (IHU ICAN, APHP, Sorbonne Université) fait le point complet dans le Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine de janvier 2025.Traiter la stéatopathie métabolique revient à prévenir l’évolution vers la cirrhose et ses complications. La recherche s’oriente donc vers des traitements ciblant les dysfonctionnements métaboliques et les mécanismes d’inflammation et de fibrogenèse hépatique.
Deux médicaments ont atteint les objectifs d’un essai de phase 3 dans le traitement de la stéatohépatite métabolique : l’acide obéticholique, un agoniste du récepteur nucléaire farnesoid X receptor, a démontré une régression de la fibrose hépatique. Mais sans obtenir l’AMM, en raison de problèmes de tolérance.
Le resmetirom, un thyromimétique agoniste sélectif du récepteur β des hormones thyroïdiennes, a quant à lui montré une résolution de la stéatohépatite ainsi qu’une régression de la fibrose et une très bonne tolérance.
De nombreux autres composés pharmacologiques affichent des résultats prometteurs sur des critères histologiques. Mais le traitement des patients atteints de cirrhose métabolique n’a pas encore enregistré les mêmes avancées.
Les essais cliniques conduits sur la cirrhose poursuivent deux objectifs distincts : la régression de la fibrose, qui nécessite l’inclusion de patients à un stade précoce de cirrhose, et la prévention de la progression vers une décompensation clinique, qui suppose de cibler des patients atteints d’hypertension portale marquée.
Ces deux objectifs sont incompatibles dans un même essai, car concernant des populations aux caractéristiques initiales différentes. Ces mécanismes ne sont pas toujours corrigés par un effet antifibrosant isolé.
Plusieurs essais en cours explorent de nouvelles options, avec le resmetirom, des analogues du FGF21 (efruxifermine et pegozafermine) ou encore la combinaison de sémaglutide et firsocostat, un inhibiteur de la lipogenèse.
Source :
Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine. Volume 209, Issue 1, January 2025, Pages 62-73
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Date de publication : 21 janvier 2025

