La réalité de l'éco-anxiété en France, les chiffres officiels de l'ADEME
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
L’éco-anxiété ne doit plus être minimisée ni reléguée au rang de phénomène de mode. La cantonner à un simple ressort idéologique revient aussi à ignorer la souffrance bien réelle des personnes qui en sont atteintes. Telle est la conclusion d’un rapport officiel de l’Observatoire de l’éco-anxiété (OBSECA), réalisé en partenariat avec l’Agence de la transition écologique (ADEME), qui estime à plus de deux millions le nombre de Français fortement éco-anxieux, au point de nécessiter un suivi psychologique.L’éco-anxiété désigne une « détresse mentale face aux enjeux environnementaux ». Elle se distingue clairement de l’éco-lucidité et de l’éco-engagement. Cette première étude évaluant l’impact de l’éco-anxiété sur la santé mentale des Français identifie les profils les plus exposés, à partir d’un outil de diagnostic validé scientifiquement.
Elle a été menée auprès d’un échantillon représentatif de la population âgée de 15 à 64 ans, soit une extrapolation à 42 millions de personnes. L’éco-anxiété se manifeste sous forme de continuum, avec des scores et des symptômes graduels, permettant de distinguer trois grands profils.
75 % de la population se déclare non, très peu ou peu éco-anxieuse ; 15% présentent une forme modérée. Ainsi, 31,5 millions de personnes ne présenteraient aucun signe, ou seulement des signes faibles, d’éco-anxiété. 6,3 millions seraient modérément touchées.
Environ 5% des Français, soit 2,1 millions de personnes, souffrent en revanche d’une éco-anxiété importante, nécessitant un suivi psychologique. Parmi eux, 1%, soit environ 420.000 individus, présentent même un risque élevé de développer une psychopathologie (dépression réactionnelle ou trouble anxieux).
L’éco-anxiété touche l’ensemble des catégories sociodémographiques. Les niveaux les plus élevés sont observés chez les 25-34 ans, suivis des 15-24 ans, puis des 50-64 ans. Les personnes titulaires d’un Bac+3 ou plus présentent les scores les plus élevés, tandis que celles sans diplôme (tout comme les retraités) sont les moins concernées.
L’éco-anxiété est aussi plus fréquente dans les grandes agglomérations, dont la région parisienne, et chez les personnes très sensibilisées aux enjeux environnementaux.
Référence :
Pierre-Eric SUTTER, Léonie MESSMER, Sylvie CHAMBERLIN
Éco-anxiété en France
Enquête réalisée du 26 août au 4 septembre 2024 auprès de 998 personnes âgées de 15 à 64 ans (15/04/2025)
Date de publication : 28 avril 2025

