« Proto » : des signalements d'abus en hausse
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote, ou « proto », sont en hausse continue. Ce gaz dit « hilarant » peut entraîner une dépendance ainsi que des complications sévères en cas de prises répétées et/ou en grande quantité. Face à cet enjeu de santé publique, l’ANSM, l’Anses et Santé publique France rappellent les mesures de prévention et de prise en charge pour les personnes concernées.Depuis 2013, l’ANSM surveille l’usage détourné du protoxyde d’azote au moyen d’une enquête d’addictovigilance complétée par les données des centres antipoison et de toxicovigilance. D’après les données du baromètre de Santé publique France, en 2022, 14% des 18-24 ans l’avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l’année.
En 2023, 472 signalements ont été enregistrés, soit 30% de plus qu’en 2022. Ces signalements concernent de plus en plus de femmes, et montrent une augmentation des cas d’usage répété et prolongé avec une consommation quotidienne dans 50% des cas. En 2023, pour la première fois, deux signalements ont été émis pour des nouveau-nés présentant des troubles neurologiques à la naissance dans un contexte d’usage détourné et répété du protoxyde d’azote par la mère pendant la grossesse.
Pour rappel, la consommation de cette substance, répétée et à intervalles rapprochés et/ou à fortes doses, peut entraîner des complications graves ; dépendance, problèmes neurologiques (engourdissements, faiblesses musculaires, voire perte de la capacité à marcher), douleurs intenses, troubles urinaires. Peuvent également survenir des problèmes cardiovasculaires, thromboses, ou encore des symptômes psychiatriques : hallucinations, épisodes délirants, troubles de l’humeur.
Le protoxyde d’azote modifie les sensations et diminue les réflexes. Conduire n’importe quel engin après en avoir consommé peut être à l’origine d’accidents graves, voire mortels. L’ANSM rappelle que se supplémenter en vitamine B12 n’est pas suffisant pour contrer les effets néfastes du protoxyde d’azote.
Source :
Communiqué ANSM, avril 2025
Le « proto », des cas d’intoxication toujours en augmentation
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Date de publication : 30 avril 2025


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