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Revue de presse du 4 novembre 2022

ARTICLE DU JOUR
Un facteur neurocognitif sous-tend la trajectoire de santé mentale de jeunes enfants inhibés

Un facteur neurocognitif sous-tend la trajectoire de santé mentale de jeunes enfants inhibés
Enfant inhibé et jeune adulte déprimé : quel lien ? Un tempérament inhibé pendant l’enfance est associé à un risque accru de dépression au cours de la transition vers l'âge adulte. Cette association s’expliquerait par une anomalie d’activité du striatum ventral dans le système de récompense. C’est ce que montre une équipe dans le JAMA Psychiatry qui plaide pour des programmes de prévention ciblés.

L’inhibition comportementale au cours de la petite enfance, caractérisée par des réactions de crainte et de repli sur soi, a été associée à un risque accru d'anxiété et de dépression tout au long de la vie. Plusieurs facteurs neurocognitifs sous-jacents au développement de l'anxiété chez les enfants inhibés ont été identifiés, mais sans lien jusque-là avec le risque ultérieur de dépression.
A ce titre, une équipe a examiné si un mécanisme neurocognitif bien documenté dans la dépression était retrouvé dans l’inhibition infantile et l’anxiété : il s’agit de l’activation striatale nécessaire à récompenser l’anticipation.
Les participants ont été recrutés à l'âge de 4 mois entre 1989 et 1993 aux États-Unis et suivis jusqu'en 2018 (26 ans). L’inhibition comportementale a été mesurée aux âges de 14 et 24 mois chez 165 participants. Ensuite une IRM fonctionnelle a permis de mesurer l’activité striatale dans un contexte de récompense expérimental entre les âges de 15 et 18 ans. Enfin, les symptômes d'anxiété et de dépression ont été autodéclarés de l'adolescence au jeune âge adulte (15 et 26 ans ; n = 108).
Des analyses préliminaires ont révélé des augmentations significatives des symptômes d'anxiété et de dépression entre 15 et 26 ans, d’amplitudes variables. Elles ont par ailleurs montré qu’une activité réduite dans le noyau accumbens au cours d’expériences de récompenses anticipées, était associée au lien entre l’inhibition précoce, l'augmentation de risque de dépression (P = 0.02), et de symptômes dépressifs à 26 ans (P < 0,001).
Ce travail confirme que des facteurs neurocognitifs joueraient bien un rôle à long terme sur la trajectoire de santé mentale depuis des comportements dans l’enfance jusqu’à des maladies mentales chez l’adulte.

Référence :
Alva Tang et al.
Striatal Activity to Reward Anticipation as a Moderator of the Association Between Early Behavioral Inhibition and Changes in Anxiety and Depressive Symptoms From Adolescence to Adulthood
JAMA Psychiatry. October 26, 2022
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