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Revue de presse du 28 octobre 2024

ARTICLE DU JOUR
L'observance déplorable dans la goutte inquiète les académiciens

L'observance déplorable dans la goutte inquiète les académiciens
L'Académie nationale de médecine s'alarme du faible niveau d'observance dans le traitement de la goutte, « le plus bas parmi les maladies chroniques ». Avec une prévalence de 0,9% de la population, soit plus de 500.000 adultes, et des complications aux conséquences sanitaires et sociales, l'Académie appelle au respect de quelques règles essentielles.
 
Dans un communiqué, les académiciens rappellent que cette forme d'arthrite, la plus fréquente dans les pays occidentaux, ne doit pas être prise en charge uniquement lors des crises, mais tout au long de la vie. Ils insistent sur l'importance pour les praticiens de suivre de près leurs patients goutteux et d’appliquer les recommandations internationales.
La goutte est associée à un risque accru d'infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral, touchant 3 à 4% des patients lors ou après une crise, en raison de l’inflammation aiguë. La goutte s’associe également à l’obésité, à l’hypertension artérielle, au diabète de type 2 et aux dyslipidémies, qui aggravent encore le risque cardiovasculaire et le risque de mortalité précoce.
Bien que le traitement hypo-uricémiant soit efficace, les crises de goutte persistent souvent en raison d’une gestion imparfaite de ce traitement, estime l’Académie. Cette situation découle d’une prescription insuffisante, liée en partie à la crainte d’effets cutanés graves liés à l’allopurinol, bien que rares et évitables par une augmentation progressive des doses ; l'absence d’uricémie cible ; et, surtout, une faible adhésion des patients au traitement.
En conséquence, ils rappellent :
- Qu’un traitement hypo-uricémiant doit être initié dès le diagnostic confirmé, avec pour objectif une uricémie inférieure à 50 mg/L (300 mmol/L). Ce traitement inclut de faibles doses de colchicine pendant les six premiers mois et un démarrage progressif de l’allopurinol, ajusté par paliers en fonction de la fonction rénale.
- Qu’il s’accompagne d’une surveillance régulière de l’uricémie cible, permettant d’adapter la posologie du traitement, même après la disparition des symptômes.
- Que le suivi doit inclure des conseils alimentaires, avec une réduction drastique de l’alcool, et un programme d’information et d’éducation thérapeutique.
 
Références :
- Communiqué de l’Académie nationale de médecine – 22/10/24 « Pour bien soigner la goutte, continuer le traitement après la crise »
- GBD 2021 Gout Collaborators, Cross M. et al., Global, regional, and national burden of gout, 1990–-2020, and projections to 2050: a systematic analysis of the Global Burden of Disease Study 2021. The Lancet Rheumatology, 2024, 6, 8, e507-e517
- Pascart T., Latourte A., Flipo R.M., et al., Recommendations from the French Society of Rheumatology for the management of gout: urate-lowering therapy. Joint Bone Spine, 2020; 87:395-404
- T. Bardin et al., Apport des recommandations internationales sur le traitement hypo-uricémiant de la goutte. Bull Acad Natl Med, 2022 ; 208:825-30
« Cancer du sein : vers un dépistage plus personnalisé en fonction du profil de chaque femme »
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