Adénocarcinome pulmonaire : le taux de survie à 3 ans a doublé depuis 2000
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
En France, la survie globale à 3 ans après diagnostic d’un adénocarcinome pulmonaire a doublé en deux décennies. Cette amélioration est documentée par le groupe français KBP-2020-CPHG du Collège de pneumologues des hôpitaux généraux. Ce qu’il faut retenir de l’étude KBP-2020-CPHG qui vient de paraître dans The New England Journal of Medicine Evidence :
- Une survie globale (SG) à 3 ans multipliée par plus de deux entre 2000 et 2020.
Le taux de SG à 3 ans est passé de 16,3% en 2000 à 38,6% en 2020. La survie médiane, elle, a été multipliée par 2,4 (8,5 mois en 2000 ; 20,7 mois en 2020).
- Des avancées technologiques et thérapeutiques déterminantes.
Cette progression s'explique par une combinaison de facteurs : amélioration de l’imagerie, meilleure caractérisation histologique (immunomarquage), progrès chirurgicaux (techniques mini-invasives, robotique), stratégies péri-opératoires optimisées.
Le développement de plateformes de génétique moléculaire a permis de mieux identifier les anomalies actionnables : les patients porteurs de mutations EGFR, ALK ou ROS1 traités par thérapies ciblées présentent une SG à 3 ans de 36%, contre 18,5% sans mutation.
- L’impact du stade au diagnostic et du sexe.
En 2020, la survie à 3 ans est de 84% en cas de diagnostic à un stade précoce (stade I), contre 21,3% au stade métastatique. Être une femme est également associé à une meilleure survie : 45,1% en 2020 (contre 34,2% chez les hommes).
- Transformation épidémiologique du profil des patients
Les adénocarcinomes sont devenus majoritaires (56,1% des cancers du poumon en 2020 contre moins d’un tiers en 2000). La proportion de femmes a presque doublé (de 24,5% à 40,4%). Celle des patients de plus de 80 ans a doublé.
- Bénéfice des innovations chez les patients métastatiques
Parmi les patients atteints d'une maladie métastatique sans les altérations moléculaires mentionnées ci-dessus, le taux de SG à 3 ans était de 36,2% avec une immunothérapie de première intention contre 14,3% sans immunothérapie, et la SG médiane était de 21 contre 4,2 mois.
Références :
Debieuvre D, Falchero L, Molinier O et al.
Survival of Patients with Lung Adenocarcinoma Diagnosed in 2000, 2010, and 2020.
NEJM Evid. 2025 Jul;4(7):EVIDoa2400443
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Date de publication : 7 juillet 2025


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