Envoi du mail en cours
 

LA REVUE DE PRESSE QUOTIDIENNE DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE ET DE LA SANTÉ

Revue de presse du 24 mars 2026

ARTICLE DU JOUR
Perte de chance évitable : la transplantation de microbiote fécal doit - enfin - entrer dans les pratiques

Perte de chance évitable : la transplantation de microbiote fécal doit - enfin - entrer dans les pratiques

La transplantation de microbiote fécal est un traitement validé, encore sous-utilisé et vital pour les patients à risque. Alors que la logistique est opérationnelle et les moyens capables de couvrir la demande en France, le recours insuffisant à cette thérapeutique s’associe à des issues défavorables en partie évitables. Une perte de chance majeure, comme le démontre une nouvelle étude française.

Après une décennie, malgré une efficacité démontrée et son intégration dans l’ensemble des recommandations, la transplantation de microbiote fécal (TMF) reste peu proposée chez les patients présentant des infections multirécidivantes à Clostridioides difficile, indication incontestée aujourd’hui. Une étude française sur 12 sites des Hospices civils de Lyon (1er août 2018 - 30 mai 2023) met en évidence une perte de chance considérable pour les patients éligibles qui en sont privés.
Première cause de diarrhée post-antibiothérapie, ces infections représentent 120.000 cas et 4000 décès annuels en Europe. Dans ce contexte, la TMF restaure un microbiote altéré et s’impose comme l’option la plus performante (80 à 90% de succès), pour moins de 1% d’événements indésirables graves.
Indiquée formellement à partir de la deuxième récidive, elle peut aussi être envisagée depuis peu dans deux cas de figure, les formes sévères réfractaires ou dès la première récidive chez les patients à haut risque d’infection grave.
Dans l’étude, la transplantation de microbiote fécal était recommandée chez 6,7% des 1573 patients inclus (indication princeps) mais seulement 27,4% en ont effectivement bénéficié, malgré sa disponibilité dans les centres.
Parmi les patients ayant reçu une TMF, 13,8% ont présenté une récidive à moins de 12 semaines et aucun décès n’a été observé. À l’inverse, en l’absence de traitement, près d’un quart ont récidivé et 18,2% sont décédés.
La TMF montre un effet protecteur significatif sur la mortalité à 12 semaines et à un an, avec une tendance nette à réduire le risque de récidive. La sous-utilisation de ce traitement s’accompagne d’issues défavorables évitables, surtout chez les patients fragiles, comorbides ou âgés, pour lesquels un accès précoce à la TMF devrait être proposé.
La TMF est une thérapeutique qui peut sauver des vies, et non une « bizarrerie expérimentale » dans l’arsenal thérapeutique.

Référence :
Conférence lors des Journées francophones d’hépatogastro-entérologie et d'oncologie digestive (JFHOD, 19-22 mars 26, Paris) : « Évaluation systématique des besoins et recours à la transplantation de microbiote fécal en centres tertiaires français sur 5 ans : une sous-utilisation associée à une perte de chance pour les patients atteints d’infection à Clostridioides difficile », C Brasseur (Lyon) 20 mars 2026

« Activité physique : vingt ans de politiques publiques... pour rien ? »
%alt%
« Activité physique : vingt ans de politiques publiques... pour rien ? »
%alt%