La pollution intérieure, mieux informer les patients et s'appuyer sur les conseillers en environnement intérieur
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
L’étude « Santé et Habitat » de l'association Santé respiratoire France révèle que seulement un tiers des patients atteints de pathologies respiratoires est conscient que l'air à l'intérieur est généralement de moins bonne qualité qu’à l’extérieur. Une méconnaissance préjudiciable de la part de cette population fragile, que pourraient redresser les professionnels de santé.La pollution intérieure est responsable de plus de 20.000 décès prématurés chaque année en France, et l'air à l'intérieur est 5 à 9 fois plus pollué que celui de l'extérieur. Les acariens, les moisissures et les composés organiques volatils contribuent à cette situation préoccupante qui affecte la santé des Français.
Selon l’étude « Santé et Habitat » de Santé respiratoire France, 1/3 des patients atteints de pathologies respiratoires sait que l'air à l'intérieur est généralement de moins bonne qualité que l'air extérieur, alors même que l’on connaît l'impact négatif de la pollution intérieure, notamment de l'humidité, sur leur pathologie et ses exacerbations.
En France, 60% des logements en France présentent une qualité de l'air médiocre et 20,6% des signes d'humidité visibles (INSEE).
Parmi les répondants, 71% des patients respiratoires (BPCO, dilatation des bronches, asthme…) se sentent donc en sécurité chez eux, estimant que l'air intérieur n'est pas plus pollué que l'air extérieur, alors que la réalité est tout autre. Néanmoins, 97% des répondants reconnaissent que la qualité de l'air intérieur peut influencer leur santé, et 86% expriment leur préoccupation à ce sujet, dont 50% se disent « très préoccupés ».
Bien que 82% considèrent l'humidité comme un polluant de l'air intérieur, 40% des répondants ne sont pas capables de citer l'ensemble des polluants. De plus, 41% ignorent les solutions à mettre en œuvre.
Par ailleurs, 67% des répondants souhaiteraient des informations de la part des professionnels de santé.
Enfin, 95% des répondants n'ont jamais bénéficié d'un diagnostic de la qualité de l'air de leur logement, bien que 43% aient déjà constaté des signes d'humidité dans leur habitation. En France, les conseillers en environnement intérieur (DIU de santé respiratoire et habitat) peuvent intervenir au domicile des patients sur prescription médicale.
Références :
Enquête étude « Santé et Habitat » de l’association Santé respiratoire France à partir de questionnaires auto-administrés via internet en juin 2024 (avec le soutien de Murprotect)
Projet pour le 4e PLAN NATIONAL SANTÉ ENVIRONNEMENT 2020-2024.
Observatoire de la qualité des environnements intérieurs
Date de publication : 14 octobre 2024


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