Près de la moitié des jeunes diabétiques diagnostiqués en phase d'acidocétose
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
L’Association d’Aide aux Jeunes Diabétiques lance une campagne nationale 2024-2025 visant à optimiser le diagnostic du diabète de type 1. Près de 40% des enfants sont diagnostiqués trop tard, au stade d’acidocétose.La campagne de l’AJD, intitulée « Ensemble, repérons les signes du diabète de type 1 avant qu’il ne soit trop tard », vise à sensibiliser le grand public, et les soignants, aux signes évocateurs et aux bons réflexes.
Il y a urgence : chez les moins de 15 ans, 42,3% des nouveaux cas de DT1 sont diagnostiqués à l’hôpital au stade d’acidocétose, incluant 17,5% de cas sévères et 3% de comas diabétiques. Des chiffres qui ne cessent de croître depuis 2020.
L’objectif de cette campagne est d’informer le public sur les signes du DT1, les pharmaciens, et d’encourager les médecins généralistes à effectuer des tests de glycémie et à rechercher une glycosurie face aux symptômes évocateurs (comme le duo polyurie-polydipsie), afin de rediriger les enfants vers les urgences.
C’est tout à fait possible : seulement 4% des cas de diabète avant 15 ans dans les pays nordiques le sont au stade de l’acidocétose.
En absence de prise en charge hospitalière, l’hyperglycémie évolue très rapidement - d’autant plus que l’enfant est jeune - vers une cétose puis une acidocétose, caractérisées par des douleurs abdominales, des vomissements, une gêne respiratoire, voire une fatigue intense. Une glycémie capillaire supérieure ou égale à 200 mg/dl mesurée au cabinet à n’importe quel moment de la journée, ou une glycosurie positive, doivent alerter.
Selon le baromètre B3santéPro pour l’AJD, trois médecins sur dix n’ont pas le réflexe d’adresser aux urgences un cas suspect de DT1. De plus, six médecins sur dix (8 pharmaciens d’officine sur 10) recommandent de réaliser un bilan sanguin à jeun pour diagnostiquer le diabète de type 1, alors que cette démarche n'est pas utile et peut même retarder la prise en charge.
D’après l’Observatoire de prévention de l’acidose, 70% des décès liés à l’acidocétose concernent des enfants âgés d’un à quatre ans, dont la surmortalité est alors multipliée par 5,4 dans cette tranche d’âge. Au-delà de ce risque dramatique, un diagnostic précoce permet de préserver les cellules bêta-pancréatiques de l’enfant et, de ce fait, améliorer sa qualité de vie.
Références :
- Observatoire de prévention de l’acidocétose de l’AJD
- Baromètre B3TSI – Omnibus B3santePro pour l’AJD « Perception et connaissances des médecins généralistes du diabète de type 1 des enfants et adolescents de moins de 15 ans », vague 1, juin 2024, réalisée du 20 au 25 juin 2024, auprès de 100 titulaires d’officine représentatifs des officines françaises en termes de genre, d’âge du titulaire et de région
d’exercice.
- Communiqué de presse AJD – Paris, 1er octobre 2024
Date de publication : 7 octobre 2024


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