Et si l’obésité contribuait à la démence ?
Une équipe de l’Inserm pointe du doigt un lien entre l’obésité et une accélération du déclin cognitif associé au vieillissement à partir de l’observation d’une cohorte de 6.000 cinquantenaires suivis pendant dix ans. Leurs travaux sont parus dans la revue Neurology.
Certains facteurs métaboliques pourraient bien peser sur le risque d’apparition ou de progression de la démence associée au vieillissement. Des travaux ont notamment pointé du doigt l’obésité. Une hypothèse renforcée par les résultats d’une nouvelle étude franco-britannique parue dans la revue Neurology.
Les auteurs ont analysé les données relatives à plus de 6.000 personnes âgées de 50 ans en moyenne au début de l’étude et suivies pendant dix ans. Au cours de cette période, leur mémoire, leur capacité à raisonner et d’autres compétences cognitives ont été évaluées à trois reprises.
Au sein de cette cohorte, 9% des personnes étaient obèses et 38% présentaient un surpoids. Environ 60% des volontaires atteints d’obésité présentaient au moins deux anomalies métaboliques telles qu’une hypertension, une hypercholestérolémie ou encore un trouble de la glycémie.
L’analyse des données montre que dans ce dernier sous-groupe, le déclin cognitif est significativement plus rapide que dans le reste de la cohorte. En dix ans, leur score aux différents tests cognitifs a diminué 22,5% fois plus vite que celui des volontaires dont le poids est normal et qui ne présentent pas d’anomalies métaboliques. Une accélération du déclin cognitif, moins importante, a également été notée chez les obèses ne présentant pas d’anomalies métaboliques.
Les chercheurs estiment que les pathologies vasculaires associées à l’obésité pourraient induire des altérations cérébrales ou encore que les substances sécrétées par les tissus graisseux pourraient accélérer le vieillissement du cerveau.
Marie Lestelle (Paris)
Référence :
A. Singh-Manoux et coll.
Obesity phenotypes in midlife and cognition in early old age. The Whitehall II cohort study
Neurology. 2012 Aug 21;79(8):755-62.
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