Quelle place pour la cigarette électronique dans le sevrage tabagique ?
La Société francophone de tabacologie (SFT) vient de se prononcer et considère désormais la cigarette électronique comme un outil à part entière de la prise en charge clinique des fumeurs.
Selon son consensus Delphi, coordonné par le Pr Jacques Cornuz (Université de Lausanne) paru le 23 octobre, la Société francophone de tabacologie (SFT) juge favorable le rapport risque-bénéfice de l’utilisation de la vape dans le contexte du sevrage tabagique.
Celle-ci peut ainsi être proposée comme outil de substitution nicotinique. Elle n’est pas déconseillée aux patients hospitalisés, coronariens ou atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive.
Deux conclusions principales : d’une part, la cigarette électronique est efficace pour le sevrage tabagique (abstinence d’au moins six mois) ; d’autre part, son usage, dans une stratégie d’arrêt complet du tabac, réduit très probablement la morbi-mortalité liée au tabagisme.
La vape est ainsi intégrée à l’arsenal thérapeutique du sevrage, au même titre que les substituts nicotiniques, la varénicline ou le bupropion.
L’accompagnement repose sur une diminution progressive de la dose nicotinique, au rythme du patient.
La double consommation tabac-vape reste tolérable uniquement de manière transitoire, avant d’envisager un sevrage progressif de la cigarette électronique elle-même.
Le consensus précise aussi que la cigarette électronique peut être associée aux substituts nicotiniques et qu’« il faut présenter les traitements pharmacologiques et la cigarette électronique aux personnes fumeuses, avec des explications claires sur les avantages et inconvénients, puis accompagner la personne dans son choix », dans le cadre de la décision partagée.
Certaines affirmations n’ont toutefois pas obtenu l’accord des experts, notamment sur la faible survenue d’effets indésirables sévères à long terme avec la vape, faute de recul, ou encore que la dépendance à la nicotine serait « comparable entre une personne fumeuse et une personne consommant une cigarette électronique récente ».
Le consensus n’est pas atteint non plus pour ces affirmations : « La cigarette électronique peut être recommandée pour le sevrage tabagique des patientes et patients mineurs », « des femmes enceintes » ou « allaitantes. »
Référence :
Lüthi E, Velarde Crézé C, Lebon L et al. Electronic cigarette for smoking cessation: a fast-track Delphi consensus of French-speaking experts. Arch Public Health. 2025 Oct 23;83(1):260.
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