Usage de crack : presque deux tiers des femmes présentent des troubles psychiatriques
La prévalence des troubles psychiatriques atteint 62% chez les femmes consommatrices de crack. Toutefois, cette population a très faiblement recours aux soins psychiatriques proposés, gratuits et la plupart du temps immédiatement accessibles. Telles sont les observations d’une étude parue dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire.
La prévalence des troubles psychiatriques chez les consommateurs de crack est très élevée. Dans une étude menée à Paris auprès de 485 usagers de crack, dont 10% de femmes, 38% présentaient au moins un trouble psychiatrique et 20% plusieurs. Et après utilisation d’outils diagnostics complémentaires, la prévalence atteignait 43,5%.
Les femmes qui représentaient 10% de l’échantillon étaient particulièrement concernées avec une prévalence de 62%. Elles déclaraient consommer des quantités plus élevées de crack que les hommes et avaient été plus souvent hospitalisées en psychiatrie (41% vs 15%).
Les données ont été collectées sur le site parisien de l’étude multicentrique Icone 2 (ANRS-0336s) qui avait pour objectif principal d’améliorer la prise en charge thérapeutique de l’hépatite C et autres infections associées aux pratiques d’usage de drogues.
La prévalence des troubles psychiatriques était évaluée en deux étapes : un repérage par un questionnaire de dépistage simplifié utilisé par un pair formé (Quick Screening Tool – QST), puis un diagnostic standardisé (Mini 5.0) effectué par un soignant suivi d’une évaluation par un psychiatre lorsqu’un trouble était diagnostiqué.
Référence :
Laurent Michel et al.
Psychiatric disorders among men and women using crack in Paris: Findings from the ANRS-Icone 2 study and implications for adapting healthcare provision
Bull Epidemiol Hebd. 2026;(1):2-9.
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