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Revue de presse du 1er avril 2026

ARTICLE DU JOUR
Antiépileptiques : de nouvelles données sur l'exposition in utero

Antiépileptiques : de nouvelles données sur l'exposition <i>in utero</i>

L’association entre les troubles du neurodéveloppement et l’exposition in utero à certains antiépileptiques se confirme, en particulier pour le valproate. Une étude de cohorte parue dans le BMJ fait le point sur plusieurs médicaments antiépileptiques mais les niveaux de preuves sont parfois faibles en raison d’échantillons restreints.

Une nouvelle étude renforce les données concernant l'augmentation des risques de troubles neurodéveloppementaux chez les enfants exposés au valproate pendant la période prénatale. 
Une équipe a procédé à une analyse de données issues des régimes d'assurance publics et privés aux États-Unis entre 2000 et 2021. 
Les cas d’exposition in utero étaient considérés en cas de délivrance d’un antiépileptique à une femme enceinte au cours du deuxième trimestre de grossesse (période de synaptogénèse) : carbamazépine, lacosamide, lamotrigine, lévétiracétam, oxcarbazépine, phénobarbital, phénytoïne, topiramate, valproate et zonisamide. 
Le groupe témoin était composé de femmes enceintes épileptiques, mais n'ayant reçu aucun antiépileptique entre trois mois avant la grossesse et l'accouchement. 
Les auteurs ont recherché chez les enfants nés de ces grossesses, les cas de trouble neurodéveloppemental, trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), trouble du spectre de l'autisme (TSA), trouble du comportement, trouble développemental de la coordination, déficience intellectuelle, difficulté d'apprentissage et trouble du langage ou de la parole. 
Le valproate et le zonisamide ont montré des associations avec plusieurs critères d'évaluation (RR 1,26 à 4,50), tandis que le lévétiracétam et la phénytoïne n'étaient associés à aucun risque accru. Plusieurs médicaments étaient associés à un risque deux à quatre fois plus élevé de déficience intellectuelle, mais les estimations restent imprécises en raison du faible nombre d'enfants atteints de ce trouble. 
Aucune association significative n'a été observée entre le topiramate et la lamotrigine pour la plupart des critères d'évaluation, mais un signal potentiel a été relevé pour la déficience intellectuelle et les difficultés d'apprentissage (pour le topiramate uniquement ; RR 1,23 basé sur un faible effectif). 
La carbamazépine et l'oxcarbazépine ont montré une légère augmentation du risque de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité et de troubles du comportement (RR 1,23 à 1,40). 
Ces résultats se sont avérés robustes dans plusieurs analyses de sensibilité, y compris en utilisant la lamotrigine comme comparateur actif.

Référence :
Loreen Straub et al.
Prenatal antiseizure drug exposure and risk of neurodevelopmental disorders in children: population based cohort study
BMJ 2026;392:e085725
Retrouvez l’abstract en ligne

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