Asthme sévère : seules 32% des indications de biothérapie effectivement traitées
Les premières recommandations françaises relatives à l’asthme sévère de l’adulte ont été présentées en avant-première lors du 21e Congrès francophone d’allergologie (avril 2026). Alors qu’elles entérinent l’importance des biothérapies dans la stratégie thérapeutique de cette pathologie, une étude pointe leur sous-utilisation, avec seulement un tiers des patients éligibles bénéficiant d’une prescription.
En France, la prévalence de l’asthme est estimée à environ 4 millions de personnes, dont 5 à 10% présentent une forme sévère. Les biothérapies n’ont plus à démontrer leur efficacité dans leur prise en charge, comme le rappellent les recommandations conjointes de la Société de pneumologie de langue française (SPLF) et de la Société française d’allergologie (SFA) à paraître prochainement.
Pour établir ce constat, le projet ASMAP s’est appuyé sur la base de données LRx d’IQVIA (10.000 officines ; 47 millions de patients ; 1er janvier - 31 décembre 2024, historique de neuf années).
Les critères d’éligibilité à une biothérapie correspondent à un asthme non contrôlé malgré un traitement de fond optimisé, incluant un corticostéroïde inhalé à forte dose, associé à au moins deux cures de corticostéroïdes systémiques et/ou à la délivrance d’au moins trois flacons de bronchodilatateurs bêta-2 agonistes de courte durée d’action.
En 2024, 3.770.977 patients de 6 ans et plus ont été identifiés comme asthmatiques (5697 /100.000 habitants). Parmi eux, 301.040 présentaient un asthme sévère (7,9%), avec une majorité d’adultes. 132.259 remplissaient les critères d’éligibilité à une biothérapie (43,9%). Cependant, seuls 42.889 patients ont bénéficié d’une délivrance effective de biothérapie, soit 32,4% des patients éligibles.
Les données montrent une réduction de l’exposition aux corticostéroïdes oraux chez les patients traités par biothérapie comparativement aux patients non traités (3,1% contre 9,1%). Le délai médian entre l’instauration d’un CSI à forte dose par un pneumologue et l’initiation d’une biothérapie est estimé à 20,1 mois.
Source :
CFA 2026, CO-31 - Asthme sévère en France : prévalence, parcours de soins et recours aux traitements en 2024 - résultats du projet ASMAP, par Pascal CHANEZ (Marseille)
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