Ostéoporose : méta-analyse comparative des traitements
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Si tous les traitements de l’ostéoporose présentent une efficacité, les anabolisants osseux, abaloparatide et romosozumab, seraient plus efficaces que les bisphosphonates en prévention des fractures ostéoporotiques et vertébrales. Et ce quels que soient les facteurs de risque initiaux. C’est ce qu’indique une analyse parue dans le BMJ. Une équipe a comparé l'efficacité des traitements de l'ostéoporose sur la réduction du risque de fractures chez les femmes ménopausées. Il s’agit d’une méta-analyse effectuée à partir d’essais randomisés publiés entre 1996 et 2021 évaluant l'effet des bisphosphonates, du dénosumab, des modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes, des agonistes des récepteurs de l'hormone parathyroïdienne et du romosozumab, par rapport à un placebo ou à un comparateur actif.
Le critère principal était la survenue d’une fracture et les critères de secondaires portaient sur les fractures vertébrales, non vertébrales, de la hanche et ostéoporotiques majeures ou encore la mortalité toutes causes. L’analyse a porté sur 69 essais incluant plus de 80 000 patients.
Pour le critère principal, les bisphosphonates, agonistes des récepteurs aux hormones parathyroïdiennes et le romosozumab ont montré un effet protecteur par rapport au placebo. Toutefois, comparés aux agonistes des récepteurs de l'hormone parathyroïdienne, les bisphosphonates étaient moins efficaces (OR1,5, 1,1 à 2). Et comparé aux agonistes des récepteurs de l'hormone parathyroïdienne et au romosozumab, le dénosumab était moins efficace (respectivement OR 1,8, 1,2 - 2,9 et 1,56, 1,02 à 2,39).
Sur les fractures vertébrales, tous les traitements présentaient une efficacité par rapport au placebo mais le dénosumab, les agonistes des récepteurs de l'hormone parathyroïdienne et le romosozumab étaient plus efficaces que les bisphosphonates oraux pour prévenir ce type de fractures.
L'effet des traitements n'a pas été modifié par les facteurs de risque initiaux, à l'exception des antirésorptifs qui ont montré une plus grande efficacité par rapport au placebo avec l'augmentation de l'âge. Il n’y pas eu d’observations particulières concernant les effets indésirables. Ce travail souffre toutefois dans sa globalité de biais importants soulignés par les auteurs.
Référence :
Mina Nicole Händel et al.
racture risk reduction and safety by osteoporosis treatment compared with placebo or active comparator in postmenopausal women: systematic review, network meta-analysis, and meta-regression analysis of randomised clinical trials
BMJ 2023;381:e068033
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Date de publication : 4 mai 2023

