Endoscopies digestives : un recours stable sur 10 ans, des délais qui s'allongent
De l’étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress) sur l’accès aux endoscopies digestives en France, que retenir ? Une augmentation continue des délais d’obtention des examens, associée à des disparités nettes selon les territoires, le niveau de vie et la catégorie des structures de soins.
À partir du Système national des données de santé et des informations socio-fiscales provenant de l’échantillon démographique permanent EDP Santé, l’analyse de la Dress pointe des inégalités d’utilisation des explorations endoscopiques digestives.
Ainsi, si leur fréquence est stable sur une période de dix ans (hors pandémie de Covid-19), des différences majeures sont observées selon le niveau de vie, en particulier pour les coloscopies programmées réalisées en ambulatoire (prévention, dépistage) : le taux de réalisation de cet examen est 1,6 fois supérieur chez les 10% les plus favorisés par rapport aux 10% les moins favorisés.
Dans la tranche d’âge 50-74 ans, cible du dépistage organisé du cancer colorectal, les plus aisés bénéficient d’une coloscopie ambulatoire 2,3 fois plus souvent.
Les plus favorisées sont orientées plus fréquemment vers des structures privées à but lucratif (73%, contre 54% chez les plus modestes) et bénéficient plus souvent d’un mode ambulatoire (88%, contre 69%).
À l’opposé, les catégories socio-économiques défavorisées recourent davantage à ces actes dans un contexte d’urgence, traduisant des trajectoires de soins plus tardives.
Les disparités territoriales sont criantes, avec des taux de 169 actes pour 10.000 habitants en Guyane à 409/10.000 dans les Alpes-Maritimes (hétérogénéité de l’offre locale, capacités hospitalières).
En 2023, le délai médian séparant la consultation de gastro-entérologie de la réalisation de l’endoscopie atteint 55 jours dans les établissements publics, contre 37 jours dans le secteur privé à but lucratif. Des délais d’accès plus courts sont observés chez les plus modestes (50-74 ans).
Après l’obtention de l’avis spécialisé, le délai médian pour la coloscopie est de 30 jours chez eux contre 36 jours chez les plus aisés, pouvant traduire une hiérarchisation clinique liée à la présentation de tableaux symptomatiques plus avancés.
Référence :
Wilfried Bara, Diane Naouri
Endoscopies digestives en France : moins de recours pour les plus modestes et des délais qui s’allongent.
Études et résultats n°1359 18/12/2025
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