Aidants : les personnes accompagnant un conjoint victime d'AVC sont plus vulnérables sur le plan de la santé mentale
Par Mme Aude Rambaud
Saint-Germain-en-Laye
Article commenté :
Comment vont les aidants accompagnant un proche victime d’un accident vasculaire cérébral ? Une étude de cohorte indique un risque légèrement accru de troubles mentaux, dépression, troubles anxieux ou encore tentatives de suicide, chez les conjoints par rapport à d’autres groupes d’aidants. En revanche ces risques ne sont pas augmentés chez les enfants adultes de personnes victimes de ces accidents. Ces travaux sont parus dans le JAMA. La santé mentale des aidants accompagnant un proche ayant subi un accident vasculaire cérébral a fait l’objet d’une analyse parue dans le JAMA. Les auteurs ont examiné le risque de dépression, de consommation de substances, de troubles anxieux et d'automutilation ou de suicide chez ces personnes, par rapport à des aidants de proches ayant survécu à un infarctus du myocarde et par rapport à des aidants témoins en population générale.
Cette étude de cohorte est basée sur les données des registres administratifs et cliniques nationaux danois (2004-2021). L'analyse a inclus un total 1.923.732 individus : conjoints de personnes ayant survécu à un AVC (âge médian 68 [59-76] ans ; 65% de femmes), conjoints de survivants à un infarctus du myocarde (âge médian 65 [55-73] ans ; 73% de femmes), conjoints d'individus en population générale (âge médian 68 [59-76] ans ; 65% de femmes), enfants de survivants d'un AVC (âge médian 45 [36-52] ans ; 48% de femmes), enfants de survivants d'IM (âge médian 42 [33-49] ans ; 48% de femmes) et enfants d'individus en population générale (âge médian 45 [36-52] ans ; 48% de femmes).
Parmi les conjoints de survivants d'un AVC, le risque absolu sur 3 ans était de 1% pour la dépression, 0,7% pour l'usage de substances, 0,3% pour les troubles anxieux et 0,04% pour l'automutilation ou le suicide (RR 1,14 à 1,42 par rapport à la population générale et 1,04 à 1,09 par rapport aux conjoints de survivants d'IM). Le risque de dépression était plus élevé après un AVC grave ou modéré qu’après un AVC léger.
Parmi les enfants de survivants d'un AVC, le risque absolu sur 3 ans était de 0,6% pour la dépression, 0,6% pour l'usage de substances, 0,2% pour les troubles anxieux et 0,05% pour l'automutilation ou le suicide. Les risques absolus et les risques relatifs étaient inférieurs à ceux rapportés pour les autres groupes.
Référence :
Nils Skajaa et al.
Mental Health Conditions in Partners and Adult Children of Stroke Survivors
JAMA Netw Open. 2024;7(3):e243286.
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Date de publication : 17 avril 2024

