Hypertension non contrôlée : le bénéfice des parcours de soins pluridisciplinaires pour les personnes vulnérables
Chez les patients socialement défavorisés dont l’hypertension n’est pas contrôlée, la mise en place d’un parcours de soins coordonné et pluridisciplinaire réduit significativement la pression artérielle systolique par rapport à une prise en charge classique. Celui-ci inclut un suivi étroit de la tension au cours du temps et un accompagnement dans le changement du mode de vie. Ce travail est paru dans le NEJM.
L'hypertension non contrôlée touche de manière disproportionnée la population, entrainant d'importantes inégalités de santé. Les patients à faibles revenus sont, en particulier, davantage concernés.
Une équipe a évalué le bénéfice d’une intervention pluridisciplinaire à destination de ces personnes, en comparant les pratiques de 36 centres de santé américains. Ces derniers ont été randomisés en deux groupes selon qu’ils adoptaient une stratégie pluridisciplinaire (groupe d'intervention) ou proposaient les soins habituels (groupe témoin) pour la prise en charge de l'hypertension.
La prise en charge pluridisciplinaire reposait sur la prise en charge intensive de la pression artérielle avec suivi régulier de celle-ci, un accompagnement en santé axé sur les changements de mode de vie et l'observance thérapeutique, ainsi qu'une automesure tensionnelle. Les soins habituels consistaient à faire appliquer par les médecins les recommandations de bonnes pratiques relatives à l'hypertension.
Au total, 1272 patients présentant une hypertension non contrôlée ont été recrutés. Ils étaient âgés en moyenne de 59 ans (56,7% de femmes) et parmi eux, 76% étaient sans emploi et 73,4% avaient un faible revenu familial (inférieur à 25.000 $ par an).
À 18 mois, la variation moyenne de la pression artérielle systolique par rapport à la valeur initiale était de −15,5 mmHg (−17,4 à −13,6) dans le groupe d’intervention et de −9,1 mmHg (−11,0 à −7,2) dans le groupe témoin (différence −6,4 mmHg ; P < 0,001).
Le score moyen d'adhésion au traitement sur cette même période était également meilleur dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (différence entre les groupes 0,7 point ; p < 0,001). Enfin, des événements indésirables sévères sont survenus chez 20,9% des patients du groupe intervention et 21,7% de ceux du groupe contrôle.
Référence :
Katherine T. Mills et al.
Multifaceted Strategies for Hypertension Control in Low-Income Patients
N Engl J Med 2026;394:1376-1387
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