Dysménorrhées à l'adolescence : un algorithme de prise en charge en 2023
Par Mme Céline Lefebvre
Paris
Article commenté :
50 à 90% des adolescentes souffrent de dysménorrhées. Ces douleurs sont souvent banalisées, surtout lorsqu’elles sont d’intensité légère à modérée ou parce qu’elles sont considérées à tort par les adolescentes et leur famille, ou par les soignants, comme inévitables. Un nouvel algorithme clarifie le diagnostic et les thérapeutiques.Afin de mettre en lumière ces douleurs fréquentes dont on fait peu de cas, en dépit d’un retentissement social et scolaire important, le Dr Valérie Bélien Pallet (Unité de médecine des adolescents- pédiatrie, Hôpital Jean Verdier, Bondy) a rédigé un « Pas à Pas » au nom de la Société française de pédiatrie (1) afin de codifier la démarche diagnostique et thérapeutique à observer en 2023.
La moitié des dysménorrhées de l’adolescente sont d’intensité modérée à sévère. Entre 10 et 25% sont invalidantes et résistent au traitement symptomatique courant. L’immense majorité sont des formes primaires mais les formes secondaires (10% des cas : malformation utéro-vaginale, hématocolpos et endométriose) doivent être suspectées, particulièrement lorsqu’elles débutent dès les premières menstruations.
En cas de dysménorrhées primaires, si le paracétamol et le phloroglucinol ne suffisent pas, ou si elles sont d’intensité modérée (EVA ≥ 4/10) voire sévère (EVA ≥ 8/10), les AINS constituent la 1ère ligne de traitement, à commencer par l’ibuprofène, sans limite d’âge (acide méfénamique dès 12 ans et flurbiprofène dès 15 ans).
Si le soulagement apporté par ces antalgiques n’est pas satisfaisant, une échographie pelvienne est indiquée (vérification de l’intégrité des structures, recherche de kystes ovariens). S’il n’y a rien à signaler, une contraception œstroprogestative en séquentiel voire en continu est préconisée (pilule de 2e génération), et un microprogestatif en continu en cas de contre-indication.
Devant des kystes ovariens d’allure organique (structure tissulaire ou mixte, présence de cloison, persistance du kyste au-delà de 3 mois), l’adolescente doit être orientée vers une consultation chirurgicale spécialisée.
Références :
Conférence du Dr Valérie Bélien Pallet (1er juin 2023) au Congrès de la Société française de pédiatrie 2023 ; PAP 2023
Dysménorrhées de l’adolescente/Perfectionnement en pédiatrie. mai 2023 -Vol6- Sup 1 au n°2 -p. S1-S42.
Date de publication : 27 juin 2023

