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Revue de presse du 3 juin 2025

ARTICLE DU JOUR
Un référentiel inédit pour l'intubation en urgence, hors bloc opératoire et soins critiques

Un référentiel inédit pour l'intubation en urgence, hors bloc opératoire et soins critiques
À l’occasion du congrès Urgences 2025, qui débute demain à Paris, seront présentées les premières recommandations françaises formalisées d’experts (RFE) sur l’intubation en urgence chez l’adulte (hors bloc opératoire et soins critiques). Parues il y a quelques semaines, en voici les points clés.
 
L’intubation en urgence chez l’adulte entraîne environ 30% de complications, dont 15% sont sévères (1). Pour les experts de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) et la Société Française de Médecine d’Urgences (SFMU), toute intubation trachéale hors bloc opératoire et soins critiques doit donc être considérée comme potentiellement difficile (2).
Cela implique d’avoir à portée immédiate l’ensemble du matériel pour une intubation difficile, afin de réduire la morbi-mortalité, est-il précisé.
 
- Pour intuber de façon autonome, un minimum d’expérience est requis, avec des seuils précis : environ 50 intubations réussies avec un laryngoscope classique, ou 15 avec un vidéolaryngoscope, pour atteindre 90% de succès dès la première tentative. 
- La manœuvre de Sellick (pression cricoïdienne) ne doit plus être pratiquée : elle ne réduit pas efficacement le risque de régurgitation et complique l’intubation.
- Pour réduire la morbi-mortalité et augmenter le taux de succès dès la 1ère ou 2e laryngoscopie, l’usage d’un mandrin (long béquillé ou stylet malléable) dans la sonde d’intubation trachéale est désormais recommandé.
- La pré-oxygénation est indispensable, en particulier par ventilation non invasive chez les patients en détresse respiratoire d’origine médicale. Elle reste toutefois contre-indiquée dans de nombreuses situations : coma profond, pneumothorax ou traumatisme sévère en général.
- Lors de l’intubation en urgence, sauf en cas d’arrêt cardiaque, il est recommandé d’administrer systématiquement un hypnotique suivi d’un curare à action rapide et bien toléré sur le plan hémodynamique.
- L’utilisation systématique de la capnographie est recommandée pour vérifier le bon positionnement de la sonde d’intubation trachéale, du dispositif supra-glottique ou de l’abord trachéal direct en situation d’urgence. L’échographie, bien que son usage se développe, demeure pour l’instant facultative.
Etc.
 
Références :
(1) Jabre P, Avenel A, Combes X, et al. Morbidity related to emergency endotracheal intubation--a substudy of the KETAmine SEDation trial. Resuscitation. 2011 May;82(5):517-22. 
Retrouvez l’abstract en ligne
(2) Intubation en urgence d’un adulte hors bloc opératoire et hors unité des soins critiques. SFAR, 29/03/2025
« Une nouvelle stratégie fait naître un espoir de guérison pour certains cancers du sein métastatiques »
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