TDAH : pas d'association entre l'utilisation prolongée de méthylphénidate chez l'enfant et le risque de psychose par la suite
La prescription prolongée de méthylphénidate chez les enfants et adolescents présentant un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité n’est pas associée à un risque accru de psychoses à l’âge adulte. Elle pourrait même présenter un effet protecteur chez les personnes diagnostiquées tôt. Ces travaux sont parus dans JAMA Psychiatry.
Une étude écarte une association entre un traitement prolongé par méthylphénidate et le risque de psychose non affective. Menée à partir des données de plusieurs registres nationaux finlandais, les auteurs ont analysé ce risque chez les personnes nées entre 1987 et 1997 et traitées pour un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité.
Ces registres ont permis d'identifier les diagnostics de TDAH chez l'enfant et l'adolescent à partir de 2003.
Les auteurs ont quantifié la durée cumulée de traitement par méthylphénidate administrée au cours de quatre périodes d’intervention : 1, 2, 3 et 4 ans après le diagnostic de TDAH. Et ils ont recherche la présence d’un trouble psychotique non imputable à épisode dépressif ou bipolaire. Parmi les 3956 personnes ayant reçu un diagnostic de TDAH (80% de garçons, âge médian 14 ans), 69% ont reçu du méthylphénidate au moins une fois.
Au total, 5,7% ont reçu un diagnostic de psychose à un âge moyen de 22 ans (19-30 ans). Indépendamment des disparités régionales importantes en matière de prescription du méthylphénidate, l'analyse montre qu'un traitement prolongé (30 mg/j) n'était pas associé au risque de psychose ultérieure.
A l’inverse, des analyses secondaires suggèrent un risque réduit de psychose non affective chez les personnes diagnostiquées durant l'enfance et traitées précocement (avant 13 ans ; p = 0,02). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets potentiels du traitement chez les personnes diagnostiquées à l’âge adulte.
Référence :
Colm Healy et al.
Methylphenidate Treatment and Risk of Psychotic Disorder
JAMA Psychiatry, March 25, 2026
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