Se chauffer au bois, oui mais...
L’Anses vient de le rappeler dans son rapport d’expertise publié le 9 avril : si le chauffage au bois connaît un regain d’intérêt, en raison de son caractère renouvelable et de son coût, c’est une source importante d’émissions de polluants atmosphériques, incluant les particules, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le carbone suie et les composés organiques volatils (dont le benzène), ainsi que le monoxyde de carbone.
Avec près de 7,5 millions de ménages utilisateurs du chauffage au bois, le secteur résidentiel constitue, toutes sources d’énergie confondues, le premier contributeur aux émissions de particules fines en France.
En période hivernale, sa part dans la pollution de l’air extérieur est majeure pour les particules organiques et le carbone suie (77% et 72% en moyenne), et importante pour les particules en suspension PM2,5 et PM10 (environ 40%).
Les foyers ouverts et les appareils à bûches anciens présentent les niveaux d’émission les plus élevés. Un tirage insuffisant, un taux d’humidité élevé du combustible et un entretien inadéquat majorent les émissions de polluants.
Ainsi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande la poursuite du contrôle des émissions de polluants atmosphériques liées au chauffage au bois et encourage l’intégration systématique de cette source d’exposition dans les actions d’information et de sensibilisation par les professionnels impliqués en habitat-santé et en environnement intérieur.
En 2021, le ministère de la Transition écologique a engagé un plan d’actions visant une réduction de 50% des émissions annuelles de PM2,5 liées au chauffage au bois d’ici 2030.
L’inhalation de fumées de bois altère à court terme les mécanismes de défense immunitaire de l’arbre respiratoire et peut induire, au niveau pulmonaire, un stress oxydant, une réponse inflammatoire, une altération modérée de la fonction respiratoire ainsi qu’une majoration de l’hyperréactivité bronchique non spécifique.
L’exposition aux fumées de bois est associée à des effets symptomatiques ainsi qu’à une aggravation de pathologies cardiorespiratoires, notamment l’asthme et la BPCO. La vulnérabilité est accrue chez l’enfant, le sujet âgé (≥ 65 ans) et les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires ou respiratoires.
Source :
Chauffage domestique au bois, pollution de l’air et effets sur la santé
Avis de l’Anses
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