Un traitement inhalé éco-responsable : c'est possible ?
Question brûlante posée aux experts lors du 30e CPLF, le congrès de pneumologie de langue française (30 janvier - 1er février 2026, Lille). Un tour d’horizon des chiffres sur l’impact des médicaments administrés par voie inhalée, autant de leviers sur lesquels agir, du prescripteur au pharmacien d’officine en passant par les industriels.
Le domaine de la santé concentre près de 8% de l’empreinte carbone nationale ; plus de 50% de ce total provient des médicaments et des dispositifs médicaux. En 2019, environ 40 millions d’inhalateurs ont été délivrés en pharmacies de ville, auxquels s’est ajouté 1 million distribué en milieu hospitalier.
Trois catégories étaient concernées : les aérosols-doseurs pressurisés (MDI), les inhalateurs de poudre sèche (DPI) et les dispositifs à brumisât (SMI).
Les aérosols-doseurs pressurisés affichent l’empreinte la plus élevée (11- 28 kg CO₂), contre 1 kg CO₂ pour les autres. Celle du salbutamol en MDI a dépassé 310 millions de kg CO₂ (310.000 A/R Paris- New York).
À l’échelle mondiale, les systèmes d’inhalation représentent 0,03% des émissions totales de gaz à effet de serre. Deux sources prédominent : les gaz anesthésiques et les gaz propulseurs des aérosols-doseurs pressurisés.
En France, les dispositifs d’inhalation compteraient pour 2 à 3% des émissions du secteur sanitaire. Parmi eux, les pMDI utilisent des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz à effet de serre à potentiel de réchauffement global (PRG) élevé (le CO₂ est la référence avec un PRG fixé à 1).
La plupart des pMDI renferment du HFA-134a, dont le PRG à 100 ans atteint 1430 ou du HFA-227ea (PRG à 100 ans : 3350). Or la donne va changer dès 2026, avec l’utilisation par certains fabricants du HFA-152a (PRG à 100 ans : 124) ou le HFO-1234ze (PRG avoisine 1) prévu pour 2027.
Pour les DPI et SMI, les contributions principales concernent l’extraction des matières premières et la fabrication.
Par ailleurs, dans le scénario de décarbonation 2025 du The Shift Project, l’industrie des produits de santé pourrait diminuer ses émissions annuelles d’environ 68% entre 2023 et 2050.
En établissement hospitalier, cette exigence progresse également avec l’application, dès août 2026, des dispositions issues de la loi Climat et Résilience : les industriels devront mentionner l’empreinte carbone de chaque produit dans les procédures d’appel d’offres.
Références :
- CPLF 2026 ; Session A36, Un traitement inhalé éco-responsable : est-ce possible ? (01/02/26)
- Leraut J, Boissinot L, Hassani Y, et al. Réduire l’impact environnemental des inhalateurs dispensés en ville et à l’hôpital en France. Du diagnostic à l’action durable. Ann Pharm Fr. 2023 Jan;81(1):123-137.
Retrouvez l’abstract en ligne
- Shift Project. Décarbonons les industries de santé 2025
- Guide Méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments (2025)

