La buprénorphine divise par six le risque de mortalité toutes causes à un an
La buprénorphine est largement utilisée comme produit de substitution aux opioïdes. Une étude EPI-PHARE, parue dans The Lancet Public Health, et menée auprès d’une vaste cohorte de patients utilisant des agonistes aux opioïdes montre que ce traitement diminue la mortalité toutes causes pendant plusieurs années. Elle diviserait par six ce risque à un an chez les patients suivis en soins primaires.
Une équipe française a évalué les résultats des traitements par agonistes des opioïdes sur la mortalité toutes causes, chez des patients suivis en soins primaires. Cette étude rétrospective est basée sur l’utilisation des données du Système national des données de santé.
Les chercheurs ont inclus des patients âgés de 15 ans ou plus, ayant débuté leur traitement entre janvier 2010 et décembre 2022 et ayant bénéficié d'au moins deux délivrances consécutives d'agonistes des opioïdes. Les données relatives aux covariables ont également été extraites du SNDS : l'âge, le sexe, les comorbidités médicales, les troubles psychiatriques et les traitements concomitants...
Au total, 175.191 personnes ont été inclues dont 75% d’hommes. La plupart des patients prenait de la buprénorphine (65%) ou de la buprénorphine-naloxone (3,4%). Le recours au traitement de substitution a été associé à un risque plus faible de décès toutes causes confondues à un an (critère principal ; HR 0,41 ; différence de risque absolu pour 1000 années-personnes : 21,45), à deux ans (HR 0,36), à cinq ans (0,36) et à sept ans (0,40).
Le traitement a également été associé à une mortalité plus faible par cause : décès liés à des traumatismes ou intoxications, usages de drogues, overdoses, infections, suicides, de manière constante au fil du temps.
L'association était particulièrement marquée pour la buprénorphine, associée à un risque de décès toutes causes confondues six fois moindre à un an (HR 0,16 ; 0,14-0,18).
Référence :
Dupouy J et al.
Opioid agonist treatment and risk of mortality in French primary care: a nationwide, retrospective cohort study.
The Lancet Public Health, 2026 Jul;11(7):e449-e456
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