Acouphènes : la HAS met fin au flou diagnostique et thérapeutique
Les acouphènes concernent environ 20% de la population générale. Certaines formes ont un caractère très invalidant, avec un retentissement fonctionnel important, incluant des troubles du sommeil, des difficultés attentionnelles et cognitives, ainsi que des manifestations anxieuses et jusqu’à un repli social. Dans un contexte d’errance diagnostique et thérapeutique, la Haute Autorité de Santé (HAS) s’est auto-saisie. Elle publie ses recommandations de bonnes pratiques.
En France, la prévalence des acouphènes est estimée entre 10 et 19% chez l’adulte, avec une augmentation liée à l’âge (jusqu’à 31,4% dans la tranche des 60-69 ans). Aucun traitement curatif validé ni parcours de soins structuré et coordonné n’existe.
Face à une errance diagnostique et à une hétérogénéité des pratiques, la HAS a formalisé les différentes étapes de la démarche diagnostique et structuré la stratégie thérapeutique.
En fonction des besoins du patient, des objectifs thérapeutiques et du degré de handicap, la HAS recommande en première intention les thérapies comportementales et cognitives (TCC), seules interventions ayant démontré à ce jour une.
D’autres modalités d’accompagnement peuvent être proposées en complément, avec pour objectif de réduire la détresse associée et d’améliorer la qualité de vie. Selon l’intensité du retentissement fonctionnel, des options thérapeutiques telles que les implants cochléaires ou les thérapies sonores peuvent être envisagées, dans des indications ciblées.
En revanche, certaines interventions, bien que largement proposées, ne peuvent être recommandées en l’absence de données probantes suffisantes en termes d’efficacité ou de sécurité. Cela concerne les techniques de neuromodulation, l’acupuncture, les thérapies par laser, ainsi que les traitements médicamenteux et les compléments alimentaires utilisés dans cette indication.
Par ailleurs, les approches corporelles et psychocorporelles (sophrologie, hypnose, neurofeedback), ne relèvent pas d’une recommandation systématique, estime l’autorité de santé. Elles peuvent toutefois être intégrées en prise en charge adjuvante, dans une perspective de gestion des comorbidités associées, notamment le stress, l’anxiété et les troubles du sommeil.

